Sakura Dojo

Aïkido et bien-être à Chaumont-Gistoux

Archive pour janvier, 2009

Heroïnes du Budo I

Publié par Steph le 30th janvier 2009

Très souvent, les articles et interviews font état des maîtres masculins qui sont d’un pourcentage plus nombreux au sein de notre art que les féminines. Et pourtant, elles ont autant, si pas plus, de mérite que les « hommes » lorsqu’il s’agit de fouler un dojo et d’affronter les aléas de la pratique martiale. Bien sûr, nous côtoyons, lors des cours, pas mal de dames avides d’apprendre et qui s’en sortent bien souvent beaucoup mieux que nous…j’en connais même qui dégainent les tantos à la vitesse de l’éclair ;o), sans parler des enseignantes de très haut niveau comme par exemple Corinne Masson, Marie-Christine Verne ou Micheline Tissier mais qu’en est-il des personnages de légende essentiellement féminins à l’instar de Musashi ??
En plusieurs épisodes, voici donc quelques personnages très « yin » et qui feront certainement pâlir notre « yang »…
A commencer par Tomoe Gozen…
Tomoe Gozen 巴 御前 (littéralement Dame Tomoe, 1161?-1184 ou 1247?) est l’une des rares femmes samouraï de toute l’histoire du Japon. Tout comme le légendaire Miyamoto Musashi, sa vie a été à tel point utilisée et distordue dans les légendes populaires qu’il est aujourd’hui impossible de distinguer la vérité de la légende.
  

Tomoe combattit auprès de son époux (ou amant, selon les sources) Minamoto no Yoshinaka au cours de la guerre de Gempei, et ses exploits sont relatés dans le grand roman guerrier concernant cette guerre, le Heike Monogatari qui dit ceci :.
« …Tomoe était très belle, avec sa peau blanche et ses longs cheveux. Elle était un archer remarquable, et comme femme d’arme elle valait un millier de guerriers, prête à affronter un démon ou un dieu à pied ou à cheval. Elle était une cavalière hors pair. Lorsqu’un combat était imminent, son compagnon l’envoyait comme premier capitaine, équipée d’une impressionnante armure, d’un arc et une épée disproportionnée. Elle accompli plus d’actions de valeur que n’importe quel de ses autres guerriers. »
Si beaucoup de femmes de l’époque savaient manier la naginata, Tomoe était réputée être un samouraï de haut niveau, douée pour l’équitation, le tir à l’arc et le kenjutsu. On dit d’elle qu’elle était sans peur et très douée dans la bataille. Très respectée par les hommes, elle était l’un des principaux capitaines de Yoshinaka durant la guerre, et mena ses troupes au combat.
 

Après avoir repoussé les Taira dans les provinces de l’ouest, Yoshinaka prit Kyoto et commença à intriguer pour prendre le contrôle du clan Minamoto, allant même jusqu’à kidnapper l’ex-empereur Go Shirakawa. Le chef du clan, son cousin Minamoto no Yoritomo, envoya alors ses troupes contre le rebelle, sous le commandement de ses frères Yoshitsune et Minamoto no Noriyori. La confrontation finale eut lieu le 21 février à la bataille d’Awazu. Les troupes de Yoshinaka combattirent bravement, mais furent largement dépassées par le nombre. Quand Yoshinaka vit sa fin arriver, n’ayant plus que quelques soldats debout, il dit à Tomoe Gozen de fuir au lieu de se faire tuer par Yoritomo. 
Ce qui advint ensuite de Tomoe n’est pas clair. Une version dit qu’elle resta et mourut à ses côtés. D’autres qu’elle a été vue fuyant le champ de bataille en emportant une tête (peut-être celle de Yoshinaka, à moins que ce fut celle d’un ennemi). La suite est encore moins certaine : certaines versions prétendent qu’elle se jeta dans l’océan avec la tête, alors d’autres la font survivre et devenir religieuse bouddhiste voire qu’elle se serait remariée.
De par le caractère si inhabituel de sa vie, elle est devenue une légende qui elle même s’est diversifiée en de nombreuses versions contradictoires, ce qui augmente encore son intérêt aux yeux des Japonais, certaines légendes allant même jusqu’à dire qu’elle était la réincarnation d’une déesse des rivières. Elle fait l’objet de nombreuses créations du théâtre No.
 

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Un samedi de Shiatsu

Publié par Steph le 28th janvier 2009

Comme déjà écrit, notre vie de Budo est émaillée de rencontres, parfois belles, moins belles et d’autres pareilles à une étoile dans la nuit…
Il y a peu, dans le cadre de ma petite formation Shiatsu, j’ai eu la grande chance de faire la connaissance de Frans Copers. Frans Copers est président de la fédération belge de Shiatsu et travaille infatigablement pour ce noble art un peu partout dans le monde.
Une journée de samedi, de 09H30 à 17H30, à écouter cette personne qui a vraiment un parcours atypique. Parti aux Etats-Unis (à Boston) au début des années septante pour étudier la philosophie orientale, il y apprendra le Shiatsu (pour faire quelque chose dira-t-il) et la macrobiotique avec Michio Kushi, véritable expert en ces deux domaines.

A son retour en Belgique, il ouvre un restaurant végétarien tout en prodiguant des soins shiatsu à ceux qui le demande. De quelques clients « goûteurs », il passera en quelques années à…+-300 couverts par jour. Le shiatsu était de plus en plus présent ainsi que d’autres arts comme l’Aïkido, l’Iaido, le chado (voie du thé), le do et le zazen. Avide de se perfectionner à la source, il revend sa florissante activité et part au Japon en 1984 pour y étudier avec les plus grands maîtres de la discipline tels Shizuko Yamamoto, Wataru Ohashi, Susumu Kimura, Kojun Harada et Akinobu Kishi
Parallèlement, il pratiquera à l’Aïkikai de Tokyo avec le Doshu de l’époque, Kishomaru Ueshiba fils du fondateur, et les autres maîtres instructeurs et en particulier Yamaguchi Senseï.

Il revient en Belgique ou il s’installe comme praticien professionnel tout en continuant l’Aïkido qu’il devra arrêter un peu plus tard après 15 ans de pratique, le shiatsu devenant trop prenant.
Le cours que nos deux groupes de formation ont suivi de concert était entièrement théorique mais quelle magistrale leçon, des principes de l’art à l’embryogenèse en passant par le concept yin et yang, les façons de se nourrir, des mots qui n’ont fait que nous conforter dans l’idée d’encore approfondir la matière…
J’ai particulièrement apprécié les façons de…s’asseoir…et de passer de seiza (sur les genoux) en agura (en tailleur) et inversement, je n’avais jamais vu cela de cette manière…digne…ce qui est vraiment important que l’on pratique le shiatsu ou les arts martiaux.
 

J’ai entendu dire que certaines personnes de l’an passé n’avaient pas trop apprécié cette certaine forme d’intransigeance mais cela est important, l’attitude…le shisei…
Et puis de recevoir un morceau de vie de quelqu’un ayant un vécu aussi intense doit être reçu comme un cadeau pareil à lorsque nous suivons un ancien senseï ayant cotoyé les racines de l’Aïki.
Un chouette repas le midi durant lequel chacun avait apporté quelque chose (quels bons gâteaux ;o) nous a permis d’approcher un peu plus notre hôte qui a vraiment des connaissances dans tous les domaines.
L’après-midi, nous avons fait quelques kokyu ho, évidemment j’ai été pris comme partenaire et ai vraiment ressenti une autre énergie, les gens ont pensé que je me laissais tomber, eh bien non, je n’ai pas pu résister…Il m’a dit avoir été content d’avoir pu rencontrer quelques aikidokas (David et moi-même) et qu’à chaque fois qu’il se trouvait en compagnie d’une telle personne, ces mains commençaient à bouger et partaient en technique…
Vivement la prochaine formation en sa compagnie qui portera sur la macrobiotique, une autre matière passionnante… 
Le site de l’école de Frans Copers, Kimura Institute : ici

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Fais comme l’oiseau…

Publié par Steph le 24th janvier 2009

Picasso déjeunait un jour avec quelques personnes, et à la fin du repas, d’un coup de crayon, il dessine sur un coin de la nappe un oiseau. La dame qui était assise à ses côtés regarde le dessin et lui dit :
- « Mais ce que vous venez de faire, Maître, un enfant de huit ans est capable de le faire ! »
- « Peut-être madame, mais il a fallu ma vie entière pour arriver à dessiner cet oiseau.»

En Aïkido aussi il faut une vie pour arriver à un mouvement d’une pureté et d’un dépouillement qui font s’émerveiller les débutants que nous sommes… Tout paraît si simple….Et pourtant le chemin est tellement long qui conduit à la simplicité…Retrouver en nous un cœur d’enfant, retrouver le geste vrai.
Regardez par exemple les Maîtres de calligraphie auxquels il fallut une vie entière pour arriver à dessiner un simple cercle…
Dans le même esprit, certains Maîtres disaient que le mouvement d’Aïkido est le même que celui d’un enfant quand il lâche une balle qu’il tient dans la main…

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Un soir à LLN

Publié par Steph le 21st janvier 2009

Ce mardi, j’ai eu la grande joie de donner un petit stage à Louvain La Neuve dans le magnifique centre sportif de l’université « Le Blocry », ce à l’invitation du dojo Shobukan.
C’était un peu un retour aux sources car j’ai pratiqué dans ce dojo quasi au début de ma deuxième carrière d’aikidoka de 1990 à 1994 en même temps qu’au CESAM d’Etterbeek. A l’époque, il s’agissait encore d’un dojo AFA avec comme enseignants Pierre Manche et Georges Lengellé.

Pierre Manche

Par la suite, ils suivront Alain Peyrache et l’EPA durant quelques années avant de se dissocier de cette organisation et de créer un nouveau groupement, AIKILIBRE, sous la houlette de Georges et de deux anciens enseignants de grande valeur : Marco Zethner et Henri Behr. Ce dojo fait vraiment preuve d’ouverture en invitant des professeurs de tous les courants tels Salvatore Palermo, Michel Van Homwegen et d’autres (même de Flandre !!). 

Gilles et Tamura Sensei

J’ai revu avec plaisir Pierre et Gilles Boiret avec qui je pratiquais dans le temps et qui est maintenant également enseignant et un peu la « cheville ouvrière » du club. Je pense que les gens étaient contents du travail proposé (sur yokomen uchi à partir d’une absorption…), ils m’ont tous dit que le temps avait passé vite, ce qui est plutôt bon signe :-) . Et peut-être que l’article « aller en stage » avait frappé quelques esprits car trois pratiquants (François, Marc et Frederik) avaient fait le déplacement, vraiment sympa comme initiative, cela m’a touché…
L’occasion aussi de cotoyer quelques têtes connues, Philippe, Soumpon et notre ami Robert qui nous a bien fait rire, lors du drink d’après cours, avec ses stratégies bien « particulières » ;o).
Un grand merci au Shobukan pour son accueil en gentillesse démontrant par là que notre art n’a pas de frontières…

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Stage Kodomo

Publié par Steph le 18th janvier 2009

Premier stage Kodomo ce dimanche 18, un stage pour enfants un peu particulier sous la direction de trois professeurs…Cela faisait un petit temps, en fait depuis Aïkido Aid, que j’avais envie de faire un stage uniquement pour les membres du Dojo et quelques invités, le tout sous la direction de différents enseignants un tantinet différents…j’avais choisi un dimanche matin dans le magnifique site verdoyant du Ronvau..Ah, le dimanche matin, pas vraiment un bon jour pour développer une activité, il y a les couques sacro saintes, les grasses matinées bien méritées (ou imméritées ;o), les messes, les matches de foot, les parents qui n’ont pas envie de conduire leurs rejetons si tôt, etc.
Il n’empêche que pas moins de trente jeunes samouraïs avaient faire l’effort d’être là, de tous les âges et comme samedi dernier, les dieux shinto étaient encore avec nous car les tatamis, gentiment prêtés par le club de Judo, étaient juste suffisants pour accueillir ces braves juniors.

Stage Kodomo Jan 2009 par vous

Notre ami Richard Keaney, venu de sa verte Ecosse, ouvrait le feu par un échauffement…de feu alliant sauts, courses et…ses fameuses chutes effectuées dans la souplesse la plus totale, le tout dans la meilleure des bonnes humeurs. Des roulades effectuées seuls aux chutes avec « table » d’appui, tout le monde s’en est donné à cœur joie.

DSC01080 par sukidojo

J’ai eu la lourde tâche de succéder à cela, j’avais décidé de travailler sur Ikkyo à partir d’Ikkyo Undo le tout mâtiné de références historiques telles le géant Atlas ou…Astérix :o) et démontrant les différences entre omote et ura. Mon ami Arnaud Beelen clôturait le stage par une série de kokyu nage en groupes suivie des fameuses Ushiro Ukemi effectuées à grande vitesse.  Sa grande dynamique a vraiment enthousiasmé l’assistance, je me suis amusé à me faire « jeter » par les enfants, ils ne s’en sont pas privé ;o).

DSC01047 par sukidojo

Les trois  »frères » de coiffure ;o)) que nous sommes étaient ravis de l’attention accordée à nos explications… Sans compter sur l’aide de notre « soeur » espagnole, Dulce, qui a su guidé les plus petits sur le chemin de notre art (pas de soucis, elle ne changera pas de coiffure :o )…
A bientôt pour un autre stage Kodomo…

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Reconstruction…

Publié par Steph le 17th janvier 2009

Les rencontres que l’on peut faire grâce à notre art sont un des éléments merveilleux de l’Aïkido…Il y a quelques années, je participais à un stage enseignants en France avec Nebi Vural et Claude Pellerin. Nous étions un grand groupe à nous déplacer à cette époque (pour ne plus que nous retrouver à deux au dernier auquel nous étions invités). Lors de ce stage, certains belges se déplaçaient et pratiquaient d’une façon humm disons "originale ;-) " et quasi toujours avec le même partenaire. L’un des anciens nous surnomma, avec son bel accent du sud, les "sénateurs" même ceux qui marchaient bien ;o), je venais de faire connaissance avec Alain Lapierre…ce surnom est resté mais…à lui-même et à chaque fois que nous avons la chance de le croiser, nous ne manquons pas de nous asticoter de ce vocable. Alain est vraiment un ancien pratiquant qui a pas mal bourlingué dans l’hexagone, il est présent à quasi tous les stages de Tamura Senseï et anime lui-même nombre de formations "normales" et moins normales telles que les formations seniors grands débutants (j’en parlerai plus longuement dans un autre post). Sa vie n’a pas toujours été des plus faciles…il y a quelques temps, il avait publié un article dans Seseragi que Léo Tamaki a commenté récemment sur son blog. J’avais gardé ce beau récit dans mes grimoires et je vous le ressort avec l’aimable autorisation de l’auteur qui soit-dit en passant viendra animer un stage au Sakura Dojo très bientôt… Merci, Alain…

1 - Etat des lieux Un homme de 57 ans. Il commence juste à se relever d’une profonde dépression due en partie à une grande fatigue physique cumulée pendant des années, à une grande fatigue psychique due à plusieurs éléments. La mémoire et les capacités d’orientation, de concentration et d’analyse, sont sérieusement affectées au point qu’il est professionnellement invalidé et craint souvent de se perdre ou de perdre ses affaires (cela lui arrived’ailleurs par oubli). Le corps est meurtri des épaules aux mains, du dos aux pieds. Les tendons douloureux et durs, les mollets hypersensibles a la moindre pression au point qu’il doit sans cesse passer de la position seïsa en tailleur et inversement tant les tendons sont douloureux. A deux reprises, il a été sujet à dérobement d’une jambe et chute. Au point que les médecins soupçonnaient un Problème circulatoire ou neurologique. Depuis plusieurs années déjà la fatigue est telle qu’aux cours d’aïkido il doit quelquefois s’arrêter au bout de 1h de pratique. Il réagit très lentement à certaines sollicitations.

 

 
 
 
 
2 – La reprise La mise à l’écart de toute activité professionnelle va permettre de reprendre un vrai contact avec l’Aïkido, notamment par 2 stages de professeurs au cours desquels il découvre la nouvelle préparation de Tamura Senseï (et redécouvre les anciennes). Le fait que Senseï qui est alors âgé de 69 ans continue à travailler sur son corps, à trouver de nouvelles voies pour l’entretenir, le polir encore, lui apparaît comme un exemple à suivre. Il s’efforce d’être au premier rang des pratiquants pendant un certain temps, pour capter le maximum de détails et d’informations. Il participe au maximum de stages avec Senseï : Lesneven, St Mandrier, La Colle sur Loup, etc. Parallèlement à cela, il dispose dans sa famille d’un exemple similaire, avec une personne plus âgée qui, au même âge courait tous les matins une petite heure et le demi-marathon de sa ville. Petit à petit, sa conception de l’Aïkido et de la gestion du corps dans la pratique se modifient. Il y trouve un vrai travail sur soi, une recherche de l’aisance et de relaxation dans l’exécution des techniques. Cela ne modifie pas encore ses appréhensions, ses doutes. Il se donne un but : passer le 2ème dan Aïkikaï pour se mettre en situation d’auto contrôle, impossible dans son état actuel, et reprendre pied par ce biais… Il lui faudra 2 ans avant d’oser.     

 

Gros effort de concentration qui porte ses fruits : il s’était fixé une ligne de maintien de son attitude et de la distance (repères). Malgré une hypoglycémie de taille (probablement liée au stress), l’épreuve ne se passe pas trop mal. Le hasard va l’aider à avancer. Un changement de région l’a conduit dans un département où l’Aïkido est un peu « la belle endormie ». On lui confie la charge d’un club que l’enseignant vient de lâcher. Parallèlement, il accepte la vice-présidence du comité départemental, chargé d’organiser les stages. Il est, cela va l’encourager, le plus gradé du département. Cela lui offre une occasion de plus de réfléchir sur sa pratique : il est surpris par le travail qu’un des cadres lui propose d’effectuer sur son propre corps. L’année suivante, outre la reprise d’un autre club, lâché à la même période que le premier, dans les mêmes conditions, il est projeté président du comité. Il considère que toutes ses responsabilités exigent de lui qu’il améliore son niveau technique. Il installe 24 m2 de tatamis dans son habitation, et tous les matins travaille sur son corps. La même année, il apprend que désormais le délai obligatoire pour déposer un dossier d’obtention du yondan est passé a 8 ans. Il décide alors de travailler chez lui et en stage, la possibilité de passer le yondan. Le travail est plus dur que ce qu’il pensait à plus d’un titre : ses bases techniques sont nettement insuffisantes, et son corps n’est pas du tout prêt. Deux phases très différentes vont permettre d’envisager l’examen.

 

 
 
1°Travail purement orienté vers la technique, (amélioration des déplacements à genoux par exemple), perfectionnement des formes techniques et acquisitions de nouvelles (ou oubliées), documentation, stages. Un travail d’étirement, de relaxation, un travail primaire sur l’attitude. Mais au terme d’une année, visiblement il ne se sent pas prêt. La fatigue est encore au rendez-vous, il est quelquefois obligé de sortir du tatami avant la fin du stage. D’autre part, tout risque d’être mis brutalement en situation sans préparation, le plonge encore dans une angoisse sévère, stress, mal aux genoux et souci (faux) coronarien, viennent arrêter la démarche.
 

 

 

 

 

2°La deuxième année va amener un travail différent en association avec la première démarche. En particulier, accent plus marqué sur l’assouplissement du bassin, des épaules. Sur la libération de l’abdomen pour mieux gérer la respiration ; modification aussi de l’alimentation (suite à l’alerte coronarienne) ; petit à petit, les angoisses disparaissent, et de fait la relaxation, la décontraction s’améliorent, les déplacements à genoux sont plus aisés. Les progrès techniques redonnent aussi confiance. 
 

 

3 – La (petite) lumière C’est beaucoup plus confiant et détaché qu’il se présente au yondan fédéral et l’obtient. Rétrospectivement, il n’est cependant pas satisfait de sa prestation. Un accident l’avant-veille du jour de l’examen l’a obligé à prendre un médicament qui l’a fortement perturbé et il pense que cette prestation peu satisfaisante en est le reflet. Mais… ça fait plaisir quand même !    
 

Qu’importe, il y a tellement de choses à améliorer. Il faut entretenir le corps et la motivation. Cela prouve aussi qu’un travail uniquement orienté sur son corps, sans partenaire, est très porteur (d’où l’importance de Jumbi Dosa). L’année suivante (il a alors 62 ans), il se présente au 3ème dan Aïkikaï, devant Tamura Senseï et l’obtient. Sans juger de la qualité technique, il est content de son passage : étant uké (aïté peut-être !) en première partie, il réussit à gérer son souffle, par l’attitude, le mode respiratoire et la décontraction. La deuxième partie comme tori ne se passe pas mal, il se rend compte cependant qu’en fin d’examen (jo en particulier), il a du mal à varier les techniques. Mais aucun problème de souffle ou de désorientation ne vient le perturber. Ceci prouve que le travail est payant. C’est le message de ce témoignage… L’Aïkido peut-être un formidable outil de restructuration. Il ne faut jamais renoncer. Un lent travail de fourmi permet petit à petit de redresser la barre. On ne pourrait pas redresser la tour de Pise brutalement, mais jour après jour, 1/2 degré par 1/2 degré, lui laisser le temps de retrouver sa base, de la refaire un peu. Qu’elle reprenne confiance en ses pierres devrait permettre de la remettre droite. Le regard des humains le lui permettrait-il ? Ce sera ma conclusion : cela ne dépend que de votre projection dans l’avenir ! "Un pratiquant comme tant d’autres"  

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Un chemin particulier

Publié par Steph le 14th janvier 2009

Depuis des siècles d’innombrables sages ou philosophes ont écrit des ouvrages ou fait des conférences sur la non violence. Et pourtant la violence est toujours là et peut être même encore plus présente. Les résultats des efforts déployés par ces sages semblent bien maigres…La raison en est que ces messages de paix et de non violence s’adressent à notre esprit, en espérant une mise en pratique, un passage à l’acte à travers notre corps. Mais l’on sait ce que sont les paroles…souvent vaines et sans suite concrète.

L’aïkido lui aussi fait passer un message de paix et de non violence, mais il suit un chemin original… Il ne cherche pas à atteindre le corps par le biais de l’esprit, mais exactement l’inverse. Il s’adresse directement à notre corps, sans passer par l’intellect. Les techniques de l’Aïkido rendent notre corps non violent. Et ce faisant, notre esprit est atteint. Pratiquez les techniques fluides et non violentes de l’aïkido pendant 10 ans, sans penser, sans parler, et au bout de 10 ans votre esprit sera modifié. Dans la pratique de l’Aïkido l’intellect est déconnecté, le corps apprend, progresse, s’assouplit, mais le corps et l’esprit sont une seule et même chose, donc, pendant que le corps progresse, l’esprit lui aussi, à son insu, évolue, la paix s’installe en nous, le message de non violence a porté ses fruits. Essayez et on en parlera peut-être dans…dix ans ;o)…

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Merci…

Publié par Steph le 14th janvier 2009

Ce dernier week-end avait lieu notre traditionnel Kagami Biraki, je vous remercie pour votre présence nombreuse et encore il y avait de nombreux absents. Comme les kamis étaient avec nous ;o), l’espace fut juste suffisant, nous n’aurions pas pu accepter plus de public…je n’ai pas compté exactement mais je pense qu’il y avait facilement une cinquantaine de pratiquants et un peu plus de 100 spectateurs.

Chaque année, je me demande si il y aura foule et chaque année nous devons trouver d’autres subterfuges pour accueillir de plus en plus de monde ; cette fois nous avons pu compter sur notre ami Olivier qui nous avait fourni des tables et bancs de brasserie ce qui a permis de créer une sorte de gradins, merci à lui. Les participants à la démo ont tous fait bonne figure, même les plus petits, il faudra juste un peu plus les canaliser à la prochaine édition car ils furent un peu « bavards » leur tour passé. On sentait quand même la tension inhérente à ce type d’évènement, nous avions répété (sauf votre serviteur ;o) mais il y a toujours le facteur stress qui entre en ligne de compte, il n’empêche, il faut du courage pour venir présenter un travail devant une telle assemblée qui n’a d’yeux que pour vous. A mon sens, cela fait aussi partie de l’éducation martiale et prépare à bien des aspects à affronter au cours de la vie que ce soit des examens ceintures noires, Aïkikai, des examens scolaires ou des présentations de toutes sortes à effectuer en public. Comme vous avez pu le voir, j’ai travaillé avec quasi toujours le même uke, Olivier qui est un pratiquant de notre dojo frère à Bruxelles, le Suki Dojo, chaque année, il est présent malgré qu’il sait que sa soirée ne sera pas de tout repos ;o), merci pour sa collaboration et aussi à HP, professeur d’un Dojo de l’école Iwama qui nous a fait part de son travail. Moment émouvant à la fin de la présentation fut la remise des cadeaux par des enfants satisfaits de leur progression dans notre modeste dojo, de bonnes bouteilles de vin, des pralines (miam, miam…) et quelqu’un aussi qui se souvient chaque année de ma passion pour l’huile d’olive de qualité et qui cette fois encore m’a fait présent d’un peu d’or liquide d’exception.


Les gâteaux et douceurs confectionnés par les parents étaient à nouveau délicieux, on finira par parler de notre Kagami dans le monde entier, on en parle déjà à Bxl comme l’endroit avec les meilleures pâtisseries…Le saké chaud a coulé à flots et la modération ne fut pas vraiment de mise. Un bon repas asiatique en petit comité a clôturé ce beau moment en compagnie d’élèves très proches et de parents parmi les plus anciens de notre dojo…Merci du fond du cœur et à l’an prochain…

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Lâcher prise, Dvd et Judo

Publié par Steph le 5th janvier 2009

Cette dernière semaine, pas beaucoup d’activité aiki…j’ai un peu lâché prise…hormis le cours du lundi 29, jour de mon anniversaire durant lequel nous nous sommes bien amusé, j’ai même eu l’honneur d’avoir sur le tatami mon ancien prof (pour lequel j’ai une grande estime…) Pierre Manche. Après le cours, un petit drink est venu clôre cette belle soirée avec des gens vraiment chers…Le reste du temps, eh bien j’ai fait de la cuisine (si, si…), une de mes activités favorites (cuisine bien être évidemment) et me suis même mis à refaire du pain (quel délice ;o)) J’ai même fait une journée complète sans ordi (vrai de vrai!) et j’ai tenuuuu ;o)) Je n’ai pas trop pensé aux arts martiaux…, euh, là je mens un peu car j’ai quand même regardé plusieurs Dvd (sur conseil d’une amie), c’était agréable mais je suis vite retombé sur le sujet martial, j’avoue ;o))

J’avais reçu le dvd de la démonstration « Nuit des arts martiaux traditionnels » de Léo et d’Issei lors de leur visite il y a qqes temps et j’y avais jeté un oeil furtif ne regardant que ce m’intéressait, c’est à dire les très belles démos aikido de Michael Martin et de Philippe Cocconi, j’avais bcp aimé mais pas trop vu les autres intervenants. Cette fois en période de repos, j’y ai regardé de plus près et ai vu également quelque chose de vraiment beau : du Judo. Bof, allez-vous me dire! mais là ce n’est pas du Judo de compet, du simple sport, mais de l’art magnifique, vraiment la voie de la souplesse sans brutalité aucune présenté par Pierre le Caer et David Dumas, deux pratiquants que je ne connaissais absolument pas, c’était vraiment très beau et m’a fait repensé au junomichi, l’art originel de Maître Kano par Maître Igor Correa, grand expert hélas décédé depuis quelques temps.

On retrouve dans ces mouvements un peu d’aiki, la mise en scène était vraiment très originale avec les chutes retombées en écart assis au sol ou debout immobile, un bien beau ballet…
En faisant quelques recherches, j’ai découvert que monsieur Le Caer avait refusé le…7ème dan de la fédération française de Judo ne voulant pas abandonné ses amis membres d’un autre groupement, un beau geste de budoka quand on connaît l’importance accordée par certains aux grades de toutes sortes…
Quand à David Dumas, en fait un ami de Issei et de Léo également pratiquant d’Aïkido, il tient un blog vraiment bien que vous pouvez voir ici.

D’intéressants judokas…je pensais que cet art ne pouvait plus compter sur des gens de qualité…je me suis trompé. Ma dernière rencontre « judokate » remonte à une démo durant laquelle la première parole fut de présenter…le champion de Belgique avant les bienfaits de la dsicipline..bien loin finalement des idéaux de ce que l’on nomme budo…

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