Sakura Dojo

Aïkido et bien-être à Chaumont-Gistoux

Archive pour janvier, 2010

Ecolo Aïkido

Publié par Steph le 29th janvier 2010

Voilà bien un drôle de thème vous direz-vous en lisant le titre de cet article. Mais à l’heure à la planète souffre de par nos turpitudes, nous sommes là pour poser toutes sortes de questions, même celles qui paraissent absurdes.  A priori, on peut penser que oui, l’Aikido est un art écologique dans la mesure où il n’est pas mécanique, ne nécessite pas de moteur ou d‘énergie polluante. De la sueur oui, de l’huile de coude en grande quantité également, mais pour le reste ce n’est pas une activité polluante. Nos armes sont sans gaz à effets de serre ni explosion, et nos tenues sont en coton. L’aïkidoka peut donc se dire en toute bonne conscience qu’il respecte son environnement. De plus, la compréhension des rythmes de la nature, de l’énergie, du corps et les messages de paix et de bien-être véhiculés par cet art martial font de l’aïkidoka une personne sensible à la beauté de la nature. Toutefois, si on creuse un peu plus loin on s’aperçoit que le tableau n’est pas si idyllique qu’on le voudrait croire. Commençons par notre équipement.

 tatami3

Les tatamis que nous utilisons sont en mousse expansée, avec revêtement synthétique ou en coton, le tout gaiement bariolé de couleurs vives. Ces mousses sont bien loin des tatamis en paille, fragiles certes, mais au moins 100% naturel. Les mousses sont des dérivés de produits pétroliers. De l’extraction au raffinage, de la transformation du produit brut en matière synthétique, de la mise en forme par thermoformage -qui nécessite de l’énergie pour chauffer- en passant par l’utilisation de teintures chimiques, on ne peut pas dire qu’il s’agisse ici d’un produit écologique, bien au contraire. On se trouve là dans l’un des pires produits qui puissent exister, surtout qu’il n’existe aucune filière de recyclage pour ces matières. Il faut les jeter ou les brûler, induisant ainsi d’autres comportements polluants. Passons aux armes en bois. Le Japon a perdu tellement de forêts que le fameux « chêne japonais » est strictement contrôlé et que seule une minuscule portion des arbres fait l’objet d’un droit d’exploitation.

 Bokken

Nos bokken, jo et tanto sont depuis bien longtemps issus des arbres d’Indonésie ou des Philippines, achetés par des compagnies à Hong-Kong, travaillés en Chine ou à Taïwan, puis exportés au Japon où ils reçoivent une étiquette « Made in Japan » (ils sont quand même de qualité supérieure aux autres car le bois est bien meilleur). La croyance en ce label est donc un leurre, car aujourd’hui plus personne n’utilise du bois du Japon (trop cher) ni la main-d’œuvre japonaise (trop chère également), à l’exception d’une poignée de petits artisans qui font de la résistance. Mais il ne représente tout au plus que 1% du marché mondial. En commandant ces armes, un aïkidoka participe donc (certes à petite échelle) à la déforestation dramatique de l’Asie du Sud-est, à l’exploitation de main d’œuvre et à la pollution générale à grand renfort de transports maritimes pour le bois brut (1er voyage), le bois usiné en machine (2e voyage) le produit manufacturé (3e voyage) et son exportation dans le monde (4e voyage).

keikogi_blanc1

Les keikogi sont en coton. Ça au moins c’est écolo, me dira-t-on. Rien n’est plus faux ! Le plan de coton épuise rapidement le sol où il est planté et nécessite donc des engrais dès sa deuxième année. Le cotonnier connaît un certain nombre de maladies ou de parasites, comme le faux mildiou et bien d’autres, contre lesquelles il faut pulvériser des pesticides. Il faut savoir qu’un plant de coton épuise le sol où il est planté en 10 ans et qu’aucune culture n’est possible à sa place avant quelques années. L’exploitation du coton africain et américain est, là aussi, affaire de grosses multinationales. Pour les Africains, les sols pauvres s’épuisent et les petits cultivateurs sont exploités par des cours du marché volontairement maintenus très bas. Pour les Américains, les grandes exploitations sont entièrement mécanisées, soit plus de pollution et un appauvrissement de la terre à cause du labourage, qui doit être suppléé par des engrais. L’industrie du coton est également très polluante, car on utilise des produits corrosifs pour passer de sa couleur naturelle blanc-jaune à une couleur blanche immaculée. Sans parler des quantités d’eau utilisées qui provoquent la pollution des rivières.

 organic-cotton1

Enfin, il faut penser à nouveau aux transports maritimes, à la confection des keikogi (surtout en Chine et au Vietnam), à l’exploitation des ouvriers après celles des cultivateurs, à la réexpédition des produits finis pour l’exportation à travers le monde. On ne peut pas décemment se glorifier de nos keikogi.  J’ai eu il y a peu l’idée de me lancer dans la confection d’une ligne de keikogi en coton bio, j’ai trouvé un fournisseur de cette matière en Belgique mais encore faut-il être sûr d’avoir une clientèle attirée par ce produit car forcément le coût en sera plus élevé. Bon, j’y réfléchis encore et il faudrait aussi que je trouve des investisseurs aimant mettre leur argent dans de tels nobles projets (ce n’est pas gagné ;O)). À notre équipement on peut ajouter notre comportement individuel, comme le déplacement en voiture vers son dojo. Pas terrible pour la planète tout ça. Après ce court, mais terrible constat, que faire ? Faut-il arrêter la pratique des arts martiaux en général ? Clairement, la réponse est non, la solution n’est pas dans l’arrêt de nos pratiques martiales, mais dans la prise de conscience de notre consommation autour de notre pratique. A l’avenir, nous devons devenirs des pratiquants éco-responsables tout comme nous sommes en voie de devenir des éco-citoyens. Il faut, tous ensemble chercher des solutions alternatives.

 

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Temps de réponse

Publié par Steph le 26th janvier 2010

Fils et filles de l’Occident nous connaissons bien évidement les atouts de l’enseignement cartésien. Mais il n’a pas que des avantages, et dans l’apprentissage des arts martiaux, il n’est pas évident que ce soit le meilleur. Cet enseignement fait essentiellement appel à l’intellect de l’élève. Or face à une agression il faut s’adapter immédiatement à une situation donnée, et le temps de réponse doit être le plus court possible. Si l’on fait intervenir l’intellect alors s’engage toute une chaîne de processus, et le temps de réaction est beaucoup trop long.

osensei_atemi 

L’œil transmet au cerveau qu’il a vu une attaque se manifester, le cerveau analyse et choisit la technique juste, puis transmet au corps les instructions appropriées, lequel obéit aux ordres. Mais le temps que tout cela se passe, on a de fortes chances d’être déjà mort, ou blessé. Tout cela parce que l’on s’est engagé dans un processus qui se passe dans la durée, alors que le geste juste doit se passer dans l’instant : l’homme attaque ? Il est par terre ! Si le corps, sans faire appel à l’intellect, réagit de manière instinctive à l’attaque, la réponse est immédiate, et la technique beaucoup plus efficace. Il faut donc redécouvrir le geste animal, le geste qui se produit sans l’intervention du cerveau. 
«Entre l’attaque et la défense, il ne doit pas y avoir l’épaisseur d’un cheveu. Quand nous frappons dans nos mains, le son se produit parce que les deux mains sont ensemble. L’étincelle jaillit entre deux silex parce que les deux silex sont ensemble. Ainsi doit-il en être entre l’attaque et la défense. »
L’enseignement traditionnel oriental, permet justement d’accéder à ce type de comportement, car il s’adresse directement au corps sans faire appel au cerveau. Le geste naît alors spontanément, au moment opportun en s’adaptant exactement à la situation rencontrée…

 

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Maître Nocquet et le regard qui tue

Publié par Steph le 22nd janvier 2010

Il y a quelques jours, j’ai eu une discussion téléphonique avec mon ami (un vrai ami) Robert, ces discussions durent toujours un temps interminable car, veritable gardien de la tradition Aïkido, il connaît moults anciennes anecdotes sur les Maîtres d’antan.
Pour la petite histoire, c’est avec lui que nous avons envisager un temps de commercialiser des canettes du dernier souffle d’O Sensei car nous avions découvert qu’ils étaient des centaines à avoir recueilli son dernier soupir (du moins à le penser) mais ca ne s’est pas fait….
Donc, nous voilà à deviser d’un Maître dont on ne parle plus beaucoup : André Nocquet, pionnier européen de notre art.

 andrenocquet

André Nocquet est né en 1914, à Prahecq dans les Deux-Sèvres. Il a pratiqué le Ju-Jitsu dès l’âge de seize ans. En 1937, il rencontre le Maître Kawaishi, fondateur du Judo français, et obtient sa ceinture noire de Judo et de Self-Défense. Enfin, en 1949 il commence l’Aikido, sous la direction de Maître Minoru Mochizuki, puis de Maître Tadashi Abe. En 1955, il est invité au Japon en tant qu’élève à domicile (uchi-deshi) de O Sensei Ueshiba. Il revient en France en 1958, après avoir été certifié Maître d’Aikido par l’Aikido Hombu Dojo. En 1962, Maître Ueshiba lui confère le titre de représentant général de l’Aikikai en France. Décédé à l’âge de 85 ans en mars 1999, Maître André Noquet (8ième Dan) fut le serviteur d’un idéal d’universalité.
Pour l’anecdote, Robert m’a dit avoir encore une lettre de 47 pages (…) de sa plume.
Je me suis souvenu alors d’avoir lu un article sur le "regard qui tue" propre aux Maîtres ABE et NOCQUET. Je livre ces deux chroniques savoureuses à vos yeux:
Maître Nocquet dans le métro
On pouvait déjà s’estimer heureux d’arriver sain et sauf à la station Père Lachaise.
Mais on n’était pas tiré d’affaire pour autant. Il restait avant de sortir du métro un immense couloir rectiligne, qui était quasiment toujours désert à l’heure où Maître Nocquet rentrait chez lui. Le lieu idéal pour un guet-apens nous disait le Maître. Celui-ci s’engagea donc un soir dans ce couloir, avec son sac d’aïkido à la main. C’est à ce moment qu’il voit arriver en face de lui deux lascars, qui se mettent en travers de son chemin pour lui barrer le passage. Maître Nocquet, très calmement lâche alors son sac qui tombe à ses pieds, relâche ses épaules, place sa force dans le ventre, et puis, fixant ses agresseurs droit dans les yeux, leur décoche le regard qui tue hérité de maître Tadashi Abe.  Un des garçons s’adresse alors à lui, et lui demande : « Euh… pardon monsieur, vous n’auriez pas l’heure, s’il vous plaît ? » Maître Nocquet, d’un ample geste théâtral dont il avait le secret, vient mettre son poignet à la hauteur de ses yeux, regarde sa montre, et d’une voix grave et profonde leur annonce : « Il est l’heure d’aller dormir… »
Ce que nos gaillards se sont empressés d’aller faire. Le Maître reprit alors son sac et continua son chemin un sourire au coin des lèvres…

 tadashi-abe

Le regard du redoutable Maître
Maître Tadashi Abe était de petite taille et avait un tempérament assez bagarreur, et c’est un euphémisme de parler ainsi…Il aimait aller le samedi soir dans les bars et tester l’efficacité de son aïkido… Tadashi Abe demandait souvent à Maître Nocquet de l’accompagner dans ces sorties, et Maître Nocquet n’avait guère d’autre choix que d’accepter. Ce qui lui valut de se faire une petite collection d’anecdotes assez cocasses. Maître Tadashi Abe avait entre autres une capacité à mettre, quand il le désirait, une puissance dans son regard qui terrorisait celui qui osait le soutenir. Maître Tadashi Abe l’utilisait mais pas pour rire… Il avait en particulier une manière de s’adresser aux personnes avec lesquelles il avait un conflit. Il s’immobilisait, fixait son protagoniste droit dans les yeux, décochant ce regard foudroyant, et d’une voix lente et sombre disait dans un mauvais Français : « Toi et moi aller tous les deux dans Bois de Vincennes. Et un seul sortira du bois. »
Personne n’a jamais voulu y aller…

 

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Seseragi Special Jean-Yves

Publié par Steph le 21st janvier 2010

La FFAB a mis en ligne un numéro spécial de SESERAGI consacré à notre ami Jean-Yves Levourc’h avec pas mal d’hommages assez émouvants.
Il a par ailleurs été reconnu Shihan ("le modèle") par le Doshu Moriteru Ueshiba sur demande expresse de Tamura Senseï. Voilà un titre qui te va bien, Jean-Yves, car suivre ta voie sera certainement le chemin le plus précieux…
Vous pouvez le télécharger
en cliquant ici.

jy-le-vourch-en-civil

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Risquer…

Publié par Steph le 20th janvier 2010

Rire, c’est risquer de paraître idiot.
Pleurer, c’est risquer de paraître sentimental.
Tendre la main à quelqu’un, c’est risquer un engagement.
Exprimer ses sentiments, c’est risquer la souffrance.
Exprimer ses idées et ses rêves, c’est risquer d’être ridiculisé.

 equilibriste

Mais il est nécessaire de courir des risques
Car le risque le plus grand de la vie est de ne pas courir de risque.
Celui qui ne risque rien, ne fait rien, n’a rien, n’est rien.
Vous pouvez éviter la souffrance et les peines,
mais alors vous n’apprendrez jamais à sentir, à grandir,
à aimer, à vivre.
Enchaîné par vos certitudes, vous risquez de devenir un esclave.
Seule la personne qui court des risques est vraiment libre…

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L’homme de Picardie

Publié par Steph le 18th janvier 2010

Et en fait, il n’y en avait pas qu’un seul mais plus de septante à fouler les tatamis du magnifique "Centre des Trois Doms" de Montdidier sis en Picardie. Et parmi ces quelques dizaines, Jean-Pierre HORRIE qui a magnifiquement organisé ce stage enseignants sous la houlette de Gilbert Milliat, Nebi Vural et Tamura Sensei. Si l’homme est repris au sens d’"humain", on peut également y ajouter les dames présentes dont Dominique, souriante toujours et coorganisatrice de l’évènement. Du grand nord sont également descendus une horde de belges avides de batailles (pacifiques) : Jean-Paul, Claude, David, Wlodek, votre serviteur et mon ami Pierre Manche qui eu la lourde tâche de faire chambrée avec les vieux briscards fous de la 102, mais oui ceux qui liquident les carafes et qui servent un verre à un ami trop tôt disparu…Jean-Yves, tu as du bien sourire de cette coutume.

 tamura-shihan

Nebi Vural
Je ne vais plus présenter Nebi car j’en parle très souvent sur ce blog et chacun sait que je l’apprécie.
J’ai à nouveau été séduit par sa technique et sa vivacité. L’entrée en matière ne fut pas des plus reposantes avec deux heures de Suwari Waza mais celà allait nous être d’une grande utilité pour le travail de nos hanches et de notre centre. L’après-midi, sa pratique du Tanto, très martiale et toujours avec un grand respect du partenaire, a subjugué pas mal de monde, à commencer par ceux qui le découvraient pour la première fois. Quelques questions avaient été posées sur la présence dans la pratique et les relations armes-mains nues et les réponses se trouvaient là, sous notre nez, encore fallait-il les percevoir…De la présence, il faut en avoir lorsque Nebi se met à manier des lames véritables. L’accent fut également mis sur les déplacements et notamment la marche, attitude que l’on pense facile mais qui est vraiment un élément fondamental de la pratique des budos. 

 nebi-vural

Gilbert Milliat
Voilà quelqu’un que je découvrais et ce fut plus qu’une bonne surprise. Sous des aspects de doux montagnard, il possède une énergie énorme mais également une très grande simplicité dans l’enseignement. Ses cours sont vraiment très bien construits. A partir des thèmes principaux, il nous a fait découvrir un grand nombre d’éducatifs partant le plus souvent d’exercices soit bokken ou jo, pratiqués seul puis avec un partenaire pour arriver à l’application technique sans armes avec un uke. L’attachement à l’utilisation du seika tanden est assez primordiale à ses yeux, tout part de là, les mains n’étant que les "tuyaux d’écoulement" de cette énergie. "Respirer par les mains" comme l’on dit en Shiatsu. Travail des hanches et débloquer les appuis, c’était un peu le cheval de bataille des nombreuses explications, une belle suite à l’introduction faite par Nebi.
Voilà un professeur suivant Sensei depuis plus de 40 ans et qui continue à pratiquer avec tout le monde, tournant sur le tatami tantôt tori ou uke pour nous faire ressentir le geste.
"Il faut laisser ses acquis derrière soi si l’on veut aller de l’avant", à retenir et à méditer…

 gilbert-milliat1

Michel Prouveze
Le samedi matin après 3 jours de cours intensifs, nous avons déménagé vers Compiègne pour suivre le stage enseignants avec Tamura Sensei. Le matin à 8h30 se donnait un cours Iaido avec Michel Prouveze et nous nous sommes dit "pourquoi pas?". C’est donc nantis de bokkens que les deux belges rescapés ont été à ce cours. J’avais déjà fait un peu d’Iaido il y a bien longtemps et depuis je n’avais plus trop sorti cette noble arme. C’était très intéressant, une pratique vraiment dans le calme, chacun à son rythme avec une belle préparation respiratoire. Il faut dire que Michel est une sommité dans le domaine. Il a débuté en 1978 avec Mitsuzuka Sensei au Japon lorsque il vivait là-bas en pratiquant également à l’Aïkikai de Tokyo.
Michel est 6ème Dan d’Aïkido et nous a fait l’honneur de partager notre pratique lors du stage.
 

 

Tamura Sensei
Même si nous n’arriverons jamais à un millième de ses connaissances, Sensei reste vraiment ma référence en Aïkido. Et on aurait dit qu’instinctivement, il avait perçu ce que nous avions étudié durant des heures; nous démontrant vraiment ce à quoi nous pouvions arriver en appliquant tous les principes évoqués par Nebi et Gilbert.
Wlodek et moi-même l’avons encore plus ressenti le samedi au cours duquel nous avions l’impression de recevoir un condensé de tout ce qui avait été vu lors du stage, oui vraiment qu’il s’adressait à nous à travers la pratique, sensation étrange…

Rencontres et retrouvailles
Après quelques stages profs au cours des dernières années, des liens se créent car nous voyons régulièrement les mêmes têtes. Vivre en symbiose en partageant la pratique, les repas, les discussions et les fêtes fait que nous avons presque l’impression de faire partie de la même famille.
Hormis mes amis belges avec qui j’apprécie de vivre ces bons moments et mon ami Alain Lapierre, il y a aussi à chaque fois les rencontres avec des pratiquants et pratiquantes venant de tous les horizons. Et celà fait la vraie richesse de notre art…

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Ego et humilité

Publié par Steph le 11th janvier 2010

Il y a peu, j’ai relu un article sur le blog de Leo Tamaki qui relatait la visite de Tamura Senseï à l’Aïkikai de Tokyo en « simple pratiquant »…
Je vous laisse apprécier la littérature de notre hôte dans laquelle il raconte également (outre sa fatigue à travailler avec un « vieillard » de 75 ans passés) qu’un pratiquant japonais taillé en roc a voulu tester Senseï et s’est retrouvé bien embarrassé…
 


Une vidéo de Sensei que j’apprécie et au cours de laquelle
on peut reconnaître certaines personnes ;o)

De là, le titre sur l’égo et l’humilité car ce fait m’avait grandement interpellé, pas seulement ma modeste personne mais aussi quelques correspondants Aiki (dont Emmanuelle réagissant toujours avec poésie).
Attitude humble que celle d’un Shihan estimé de par le monde, certains feraient bien d’en prendre de la graine au lieu de se croire arriver parmi les cieux, nous avons tous rencontré ce type de personnes lors de cours ou de stages. Je ne veux pas critiquer pour critiquer mais l’attitude de certains me laisse parfois pantois et ce même dans le sérail des « Maîtres » et professeurs ayant quand même une certaine responsabilité vis-à-vis de leurs élèves. Le but ultime des arts martiaux n’est-il pas finalement d’arriver à couper son ego ????
J’ai connu quelques enseignants dispensant leur savoir au compte goutte et semant le doute dans la recherche de leurs élèves, maintenant le « couvercle sur la casserole » pour éviter que les apprentis profs ne prennent de l’importance aux yeux des « kohais » et par la même fasse baisser le statut de « superstar » du professeur. Le pire est que cela fonctionne et que le nombre d’adhérents ne diminue pas, il est en rotation car cette attitude décourage, les anciens s’en vont et des débutants remplacent (les nouvelles fournées..). Le « maître » ne peut faire autrement que de s’ouvrir aux pratiquants. Voilà bien un bon moyen de dépasser son ego! On peut remarquer que, assez souvent, le piège de "la grosse tête" est souvent fatal pour l’enseignant… C’est peut-être dans ce sens que Tamura Senseï affirmait: "Ne peut véritablement transmettre l’Aïkido que celui qui a transcendé son ego".

 tamura-sensei3
Vintage picture…

Je pense humblement que Sensei nous fait d’ailleurs bien travaillé cela de par sa façon d’enseigner ; lorsqu’il tourne sur le tatami, il fera sentir aux plus aguerris ou aux plus forts physiquement qu’ils peuvent être bloqués à chaque instant. Quand il nous saisit les poignets, nous avons la sensation d’être pris dans un étau sans pouvoir bouger d’un iota (ou presque) et ce même chez les hauts gradés. On a l’impression que l’on peut passer le mouvement uniquement si il le veut bien….voilà comment casser un ego !!!!
Par contre, lorsqu’il pratique avec des enfants ou des personnes « faibles », c’est différent, j’en ai même déjà vu le déplacer ;O))
Bon, cet état n’est pas l’apanage des aikidokas, dans la vie de tous les jours, nous croisons des personnes imbues d’elles-mêmes, à l’ego surdimensionné et à la vantardise propice, les «  moi-je » sont légion de nos jours…C’est quand même un sacré travail de se sortir de la maladie de l’ego, on dirait que l’humain ne peut s’en passer. Essayons de supprimer les « moi-je » de notre vocabulaire et en Aïkido remplaçons « égocentrique » par « centrique », quel beau programme !
Finalement, l’ego est lié à la personne mais "personne", signifie en même temps quelqu’un et pas quelqu’un!!!! A méditer….

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Saluer…

Publié par Steph le 8th janvier 2010

Lorsque quelqu’un pénètre pour la première fois dans un Dojo, il peut être surpris par l’étiquette et les nombreux saluts à effectuer. Ces saluts sont destinés à respecter le lieu et à le différencier de l’ « extérieur », en particulier si l’endroit n’est pas un dojo traditionnel dédié à l’étude martiale (le rêve…) mais utilisé pour d’autres activités (salle de gym, centre sportif, etc.).
Comme souvent répété aux plus débutants ou aux enfants, l’Aïkido n’est pas un sport pareil au football ou autre, et une des grandes différences est justement cette notion de respect qui se perd souvent, par ailleurs, dans d’autres arts martiaux devenus "sports de combat" de par un attrait excessif pour la compétition.

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Le salut à l’entrée du dojo
Ce salut est pratiqué dans tous les dojos. Ce salut exprime le fait que l’on entre dans un lieu privilégié, dans lequel se passe une alchimie subtile au niveau du corps, du cœur, et de l’esprit. Le dojo est plus qu’une simple salle. D’abord on y élimine le stress accumulé pendant la journée, et on y trouve une quiétude, une paix bienfaisante. Mais on y réalise aussi une quête qui nous conduit à la recherche de notre centre, ce qui nous permet de trouver notre équilibre, de nous connaître, de nous accepter tels que nous sommes, et de trouver notre place dans le monde dans lequel nous vivons, en respectant les autres et en étant respectés. On y travaille donc son être en profondeur, et à ce titre, ce lieu mérite tout notre respect. En tout état de cause, dès que l’on franchit la porte un changement dans notre attitude devrait se traduire. La tradition veut aussi que l’on parle à voix basse dans un dojo.

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Le salut en montant sur le tatami
Avant de monter sur le tatami, on retire ses zooris que l’on dispose au bord du tatami, côte à côte, le talon contre le bord du tapis. Je voudrais juste ouvrir une parenthèse pour vous dire que je suis fort peiné de voir que dans de plus en plus de clubs les pratiquants marchent pieds nus en dehors du tatami. C’est une question d’hygiène élémentaire que de porter des zooris en dehors du tatami, et cela fait partie du respect des autres que tout pratiquant d’aïkido doit cultiver. Pour revenir aux saluts, le salut qui est fait en montant sur le tatami est fait dans le même esprit que celui que l’on fait en entrant dans le dojo. On le fait soit debout ou en seiza comme à l’Aïkikaï de Tokyo. Une fois sur le tatami le silence devrait être de mise, ce n’est pas toujours le cas surtout chez les plus jeunes.
 

Le salut au kamiza
Au début du cours le professeur se tourne vers le kamiza, qui normalement est tourné vers l’est, et où se trouve le portrait d’ O’Sensei, et avec les élèves salue le portrait du Maître fondateur. Ce salut est important et doit être bien compris. Regardons d’abord ce que ce salut n’est pas. Ce n’est ni une prosternation devant une idole, ni un salut ayant la moindre connotation religieuse. Ce salut exprime des sentiments simples et universels. C’est un remerciement à celui qui a créé cet art qui nous apporte tant, une ouverture du cœur, pour inviter l’esprit des Maîtres qui nous ont précédés, à descendre sur le tatami pendant le cours. Il permet en particulier au professeur de rester dans l’humilité, de ne pas oublier qu’il n’est là que pour transmettre ce qui lui a été transmis et que lui aussi doit avoir l’attitude mentale de l’élève. D’ailleurs son salut est simultané avec celui de ses élèves.

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Le salut entre professeur et assistants
S’il y a des assistants ceux-ci se placent à la gauche du professeur, sur le côté nord du tatami appelé joseki. Le professeur et les assistants se saluent, le professeur les remerciant de leur aide, et les assistants remerciant le professeur de l’honneur et de la confiance qui leur est faite. Ce rôle d’assistant est un moment important dans la vie d’un élève, car c’est pour la première fois passer de manière officielle de l’autre côté de la barrière, quitter le rôle de ceux qui reçoivent, pour entrer dans le rang de ceux qui donnent. Ce clivage entre donner et recevoir étant toutefois à relativiser, car le fait de donner est profondément lié à celui de recevoir, et tous, depuis la plus petite ceinture blanche jusqu’au professeur, fut-il 10ème dan donnent et reçoivent simultanément.

Le salut entre professeur et élèves
S’il n’est pas nécessaire de s’étendre sur le salut des élèves au professeur qui est aisément compréhensible. En revanche, il ne faut pas oublier ce que le professeur exprime quand il salue les élèves. Le professeur remercie les élèves de leur présence, car ce sont les élèves qui justifient l’existence du professeur. Sans élève un professeur n’est rien. Seul sur le tatami, il serait inutile. Il les remercie de la confiance qui lui est donnée, car, dans l’enseignement traditionnel, l’élève fait le vide en lui pour se laisser imprégner profondément par l’enseignement donné. Il est dans un état d’ouverture et d’abandon qui permet de réaliser cette fusion entre maître et élève qui conduit, au plus haut niveau, à la notion d’enseignement « in shin den shin » (de mon âme à ton âme). La responsabilité du professeur est donc grande au vu de la confiance qui lui est faite. En outre, comme il a été dit plus haut le professeur remercie aussi pour ce que lui-même va recevoir des élèves. Les interrogations, les tâtonnements des élèves, sont autant d’occasions qui sont données au professeur pour améliorer sa pédagogie, sa pratique, et sa manière de transmettre son savoir.

salut

Le salut entre pratiquants pendant les cours
On salue un partenaire pour l’inviter à travailler, puis à la fin de la technique étudiée. Notons que dans certains dojos (Aïkikaï en particulier) on garde le même partenaire pendant tout le cours, sauf indication contraire donnée par le professeur. Le salut à la fin de la technique est important, car on se projette parfois de manière assez tonique, et il est important de notifier par ce salut que cela est fait dans un esprit chevaleresque et courtois.

Les saluts de fin de cours
On effectue en fin de cours les mêmes saluts qu’au début. C’est un peu pour cela que j’ai instauré, modestement, la « police » du tatami lors des cours juniors, pour rappeler à chacun l’importance du geste, un geste à faire avec le cœur finalement, il ne faudrait pas l’oublier…

 

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Du chimique

Publié par Steph le 7th janvier 2010

Est-on conscient de ce que l’on mange? Le sujet, capital, était abordé il y a quelques temps dans "Questions à la une", une émission que j’avais enregistrée et que j’ai finalement pu regarder la semaine passée.
Dans un premier temps, Françoise Walravens et Patrick Lemy évoquaient la place du plastique dans notre alimentation. Les océans contiendraient ainsi plusieurs millions de tonnes de plastique (et leur lot de métaux lourds) qui, en se dégradant en particules, est absorbé par les poissons. De quoi pousser certains scientifiques à déconseiller de consommer trop de poisson et de crustacés! Le plus inquiétant n’est sans doute pas là, mais bien dans l’omniprésence du plastique et de ses dérivés dans notre alimentation: bouteilles PVC, barquettes fraîcheur, films alimentaires, biberons, canettes, boîtes de conserve.

 plastique

Quelle est la part de contamination de notre nourriture? Si l’industrie plastique se veut évidemment rassurante, certains spécialistes mettent aujourd’hui en garde, constatant un nombre constant de malformations génitales chez l’homme ou encore un développement mammaire prématuré chez les petites filles, parfois dès l’âge de 3 ans! "L’ours polaire se dévirilise, comme la mouette. On peut extrapoler à l’homme ce que l’on observe dans toutes les espèces animales ", explique un scientifique, tandis qu’un autre, pessimiste, prédit une avalanche de cancers pour les générations futures.

 great-pacific-garbage-patch

A noter également que les courants marins "transporteurs de plastique" ont bizzarement créer un nouveau continent de la grandeur de la France sur environ 30 m d’épaisseur dans le Pacifique Nord, cette nouvelle terre est appelée "Great Pacific Garbage Patch" (photo édifiante ci-dessus). En lire plus ici et ici.
Depuis cette vision, j’essaye de diminuer encore plus mon empreinte plastique mais voilà une tâche bien ardue, le moindre emballage en contient quasi tout le temps. Il est vraiment impossible de ne plus en utiliser mais au moins on peut limiter…

 

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Nebi Vural

Publié par Steph le 5th janvier 2010

Voici quelq’un d’assez connu dans le petit monde de l’Aïkido et que j’aurai la chance d’avoir comme maître de stage d’ici quelques jours. J’avais déjà publié un post sur lui dans l’ancien blog car il avait rendu visite à notre petit Dojo en mars 2007.
De ce stage, je garde évidemment un merveilleux souvenir et des techniques que je répercute souvent lors des cours mais aussi un sentiment mêlant l’amertume et le sens de l’humilité. Nous n’étions que 16, certains n’ayant pas su saisir la chance de le rencontrer, mais Nebi nous avait donné cours comme si nous étions 100, multipliant les explications et se dépensant sans compter, lui qui a l’habitude d’être reçu avec tous les "honneurs" dans les nombreux pays et dojos qu’il visite au fil des années, un bel exemple à suivre.

 nebi

Un exemple de respect aussi lorsque l’on voit sa façon d’agir envers Tamura Senseï, certains prendront celà comme du "lèche bottes" mais je suis certain qu’il n’en est rien. Quand il place les zoris ou lors du pliage du hakama de Sensei, ce n’est pas de la forfanterie mais un véritable respect qui se dégage de son attitude. D’ailleurs, il n’a rien a gagner, lui qui est reconnu dans un grand nombre de pays et par près de 10.000 pratiquants en tant que directeur technique. Des pays parfois très lointains, en preuve l’Azerbaidjan, la Slovaquie, Israel pour ne citer qu’eux. Vous pouvez trouver plus de détails en rapport avec son organisation sur le site web Eurasia.
Enseignant à de nombreuses troupes d’élite telles la police turque ou certaines forces spéciales israéliennes, il s’avère également un grand spécialiste de la pratique du tanto qu’il démontre très souvent avec une lame réelle, assez impressionnant.

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Nebi aime le côté martial, c’est un fait, et aussi les entraînements "extrêmes" du style de courir pieds nus dans les bois (un peu partout en fait) avec parfois quelques coupures comme il aime à le rappeler. Dans ma petite vie d’aikido, je pense que c’est la personne en laquelle j’ai le plus ressenti le "danger", j’entends par là le fait que on pourrait très vite passer de vie à trépas. Pourtant, c’est un personnage très sympathique, jamais le dernier à plaisanter et nous lançant toujours en nous voyant "tiens, j’ai vu de la Belgique par là"… mais redoutablement efficace avec un grand "E". Une petite vidéo très bien faite qui donne une petite idée…  

 

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