Contrairement à nos pays voisins, les stages d'été d'Aïkido ne sont pas légion dans notre plat pays à l'exception du stage de Christian Tissier Shihan à Wégimont, du stage Ubea à Sombreffe et du stage de Maredsous avec Sugano Shihan. A côté de cela, c'est un peu le repos estival…à part la pratique dans les rares dojos ouverts (tel le Suki Dojo qui connaîtra une grande affluence à coup sûr!!). L'évènement annuel qui clôture ce mois de juillet est sans conteste le stage de Katori Shinto Ryu et d'Aïkido organisé à Bruxelles (les détails : ici ) sous la direction de Sugino Yukihiro Sensei 9ème Katori et 7ème Dan Aikikai, enseignant à Kawasaki.
Il fut formé par son père, Yushio Sugino Sensei 10ème Dan Katori, expert dans de nombreux autres budos et légende des arts martiaux.
J'ai déjà suivi deux stages sous la houlette de cette personnalité hors du commun, c'était très enrichissant, des formes très classiques mais ne dit-on pas de toujours revenir aux bases…. Le stage Aïki aura lieu ce jeudi 22 juillet de 18H00 à 20H00 au dojo ACEPO de mon ami Robert Roman, un vrai dojo traditionnel existant depuis…1946 et qui a vu passer du beau monde en témoignent les photos décorant les murs : Kochi Tohei, Tadashi Abe, André Nocquet, Kenjiro Abe et plus récemment Akuzawa et Kono Sensei lors des Master Class.
Fin des Master Class et la pression retombe, il faut dire que nous n'avons pas chômé les derniers temps pour la bonne organisation de ces évènements qui, je pense, ont été perçus dans l'ensemble comme très positifs.
Pas mal de témoignages nous sont parvenus à la suite de ces stages, certains étant dubitatifs, se demandant pourquoi ils étaient venus. Il est vrai que pour ceux qui cherchent uniquement la technique à tout prix, l'ultime secret qui permettra de couper à distance ou de massacrer en utilisant les déplacements Aunkai…celà a dû être un brin décevant.
Monter sur une chaise sans vriller le corps…
Pour reprendre les paroles d'Ivan Bel, on ne peut pas parler vraiment de stages mais plutôt d'"anti-stages"…du moins dans le sens dans lequel nous avons l'habitude de pratiquer, un échauffement, des techniques démontrées et puis la pratique avec partenaire.
Ici, pas grand chose de tout celà, mais bien des moments particuliers au cours desquels nous avons pu ressentir l'enseignement de deux maîtres avec des grands M…
Les éléments que j'ai particulièrement apprécié au cours de ces deux Masterclass, fut la rencontre d'autres personnes, le mélange des genres, des disciplines et même la participation de gens ne pratiquant aucun art martial.
Le tsuki de Kono Sensei…
Et aussi des retrouvailles dont celle avec Tom Grundmann, pratiquant Iwama et qui reste très ouvert à toutes les autres formes de travail.
Un petit commentaire de sa part laissé sur Budo No Nayami :
Le stage se termine, mon esprit déborde. En rentrant chez moi, il est déjà tard : à 3h du matin, je n’arrive pas à dormir… Les souvenirs s’emmêlent, les idées jaillissent, les questions se bousculent ; je sais qu’il me faut d’abord digérer toutes les informations que mon corps et mon cerveau ont engrangées, mais en même temps j’ai envie de me lever et de m’entraîner. Je sais que la route sera très longue, qu’il faudra faire beaucoup d’efforts, mais je suis plus motivé que jamais ! Plénitude et vide, c’est ce que je ressens. Comment l’expliquer ?
La générosité de Kono Sensei nous a permis de vivre intensément le stage. Pendant 2h30, il nous a fait plonger dans son univers, il a partagé sa passion avec nous. Sur le visage de Sensei, on peut lire la joie d’enseigner, de transmettre le fruit de ses recherches. Pourtant, lorsqu’il pratique, on voit qu’il ne se repose pas sur son acquis mais qu’il continue de chercher ; les questions que nous lui posons, il se les approprie, et il y réfléchit d’abord pour lui-même avant de nous donner sa réponse. Il apporte tant de soin à chacun de ses élèves que j’ai l’impression d’avoir vécu un moment privilégié, i shin den shin… Je rentre donc heureux, comblé de bonheur. J’ai même l’impression qu’il nous en a trop donné, et qu’il me faudra peut-être des années pour tout décortiquer ! Mais voilà, en repartant, Sensei laisse également un grand vide… Et c’est à ce moment que l’on réalise que chaque instant que nous avons passé avec lui était un trésor.
Heureusement, l’enseignement d’un tel maître a une saveur exceptionnelle, il est impossible de l’oublier. Aussi, même si aujourd’hui je me retrouve seul, face à moi-même, je garde intacte cette sensation et j’ai l’impression de prolonger encore et encore ce moment pourtant si fugace. La fin du stage n’est que le commencement…
Je garderai précieusement l’image que Kono Sensei nous a montrée de lui : c’est un homme généreux, simple, humble et sincère. Pour être honnête, ce n’est pas sa technique qui m’a le plus touché, mais sa plutôt sa démarche, l’exemple qu’il nous livre. Ce que démontre Sensei, c’est qu’il faut toujours pouvoir se remettre en cause, qu’aucun détail n’est insignifiant, et qu’il faut aller au bout de ses rêves, apprendre à se dépasser. Au-delà de la forme, il faut saisir le principe, et l’appliquer à chaque instant de sa vie…
Une vidéo prise lors du stage avec Kono Sensei par Hervé Connerotte
Durant les stages d'été pour enfants, il n'y aura pas que de l'Aïkido mais aussi des belles balades dans les bois, des aikigames, des jeux de ballons, l'exploration de la "Roseraie" et également deux activités bien particulières.
Il y aura bien évidemment le cours de japonais qui a lieu depuis deux ans maintenant. Ce cours donné par Omata Takako Sensei remporte toujours un franc succès. Au fil du temps, nous sommes devenu vraiment amis et ses cours se développent afin de satisfaire le plus grand nombre d'élèves dont certains ont déjà acquis un petit vocabulaire nippon et de belles notions en calligraphie.
Une toute nouvelle activité prendra également place : le Yoga pour enfants.
Bon, ici pas de postures super compliquées mais des gestes adaptés aux plus jeunes et également un beau travail de la respiration.
La plupart des enfants se mettent très tôt à respirer de façon superficielle. A la naissance, l’enfant a généralement une respiration naturelle. Elle est ancrée profondément dans le bas-ventre. Mais les enfants sont exposés très tôt au stress et leur respiration devient, peu à peu, beaucoup plus superficielle : ils respirent uniquement avec le haut de la cage thoracique. On perd alors l’effet relaxant et décontractant.
Mais les enfants doivent avant tout s’amuser. C’est la raison pour laquelle les cours pour enfants sont beaucoup plus ludiques que les cours pour adultes. Les exercices ne portent pas trop de noms sanskrits. On préfère parler de "lion rugissant" ou de "fleur de lotus". Tous les noms sont inspirés de la nature. Cela a un impact très positif sur les enfants.
Ces deux belles séances (en juillet et début août) seront animées par Sarah Derasse. Sarah est massothérapeute professionnelle, a une très grande connaissance de tout ce qui touche à cette forme de thérapie et a étudié différentes écoles de Yoga. Elle a comme beau projet de se spécialiser dans les cours aux enfants. Quelqu'un que j'ai rencontré lors de la formation Shiatsu et qui est vraiment très chouette…
Plus d'infos dans l'onglet "Stages".
Comme l’écrivait Léo sur son blog, la rencontre avec Kono Sensei est quelque chose d’indéfinissable, une plongée dans le passé face à un samourai…
Arrivé mercredi après-midi Place De Brouckère pour accueillir nos invités, je distingue Issei, Yannick, un japonais (le fils de Sensei) et quelqu’un sorti tout droit d’une estampe ancienne, vêtu d’un magnifique kimono, d’un hakama, de tabis et de…getas qui doivent faire au moins 10 cm de haut, je viens de rencontrer Kono Sensei.
Terrasses bruxelloises…
Différence d'habits, Grand Place…
Nous voilà partis pour un petit repas et une visite touristique de la Grand Place où il est clair que notre équipage ne passe pas inaperçu. Kono Sensei n’est pas quelqu’un de très disert ne parlant qu’à bon escient et s’intéressant à tout, que ce soit aux grues de chantier, aux boulons des planches des bâtiments anciens ou aux antiquités bruxelloises du musée de la ville de Bruxelles. Après cet intermède et quelques photos prises en studio, nous mettons le cap vers l’ACEPO où une salle comble attend ce professeur vraiment pas comme les autres. Comme lors du stage d’Akuzawa Sensei, peu de techniques mais surtout des éducatifs et des façons de faire que nous pourrons inclure dans notre pratique, on verra d’ailleurs des similitudes avec l'Aunkai dans divers mouvements.
Un cours particulier à suivre, pas d’échauffement et Sensei de démontrer plusieurs manières de placer les mains avant de nous laisser faire entre nous sous ses corrections ou celle de son fils. Les mouvements se suivent tous différents les uns des autres.
Sensei est une véritable encyclopédie, le Budo vivant…maniant aussi bien le katana, la naginata, le jo ou la lance…Il démontre sans cesse en répondant à nos questions à sa manière, il y réfléchit et puis part dans le geste tel un virtuose.
Et parfois, ces questions sortent du concept martial comme cette dame, chanteuse et pratiquante de…tir à l'arc occidental qui fut bien éclairée sur ses interrogations ou ce praticien de Shiatsu qui se demandait comment mettre de la puissance sans force…
Robert, Issei, Sensei, Stéphane
Depuis, ces moments me trottent dans la tête, un peu comme un rêve qui ne finit pas et je ne suis pas le seul à avoir ce sentiment d'après les paroles et écrits reçus ou vus depuis ce mercredi.
Ce stage reste vraiment inclassable car hors du temps en compagnie d'un homme qui a entièrement dédié sa vie à la recherche.
Quelqu'un d'ailleurs avait demandé à Sensei comment il avait pu acquérir une telle connaissance, certains auraient répondu "j'ai étudié avec untel ou untel". Là, la réponse fut "j'observe tout sans cesse, j'écoute le chant des oiseaux, je ressens le vent…" Une magnifique image qui restera en nous encore bien longtemps.
Un tout grand merci aux personnes qui ont rendu ce stage possible : à Léo Tamaki, organisateur des Master Class et qui, par amitié, a créé ces belles rencontres, à Issei Tamaki, traducteur et accompagnateur, à Yannick et bien sûr à mon compagnon de chemin, Robert Roman, qui a organisé celà dans son dojo de main de Maître…
Il y a une trentaine d’années, il y avait eu toute une soirée consacrée aux arts martiaux à la télévision ; les meilleurs représentants de chaque discipline étaient sur le plateau pour un débat animé par un journaliste sportif. Parmi les différents experts, Dominique Valera représentait le karaté, et Maître Nocquet l’Aïkido.
Il y avait aussi une femme, experte en nunchaku. À un moment donné cette femme se tourne vers Maître Nocquet et lui demande : « À votre avis, Maître qui est plus efficace ? Le nunchaku ou l’Aïkido ? ».
Un silence régna quelques instant dans la salle, la caméra fit un gros plan sur le visage de Maître Nocquet, toute l’assistance était pendue à ses lèvres…
Maître Nocquet, très calmement lui répondit : « Le nunchaku, Madame, bien sûr. »
La stupeur envahit la salle devant un tel aveu d’un expert en aïkido. C’est alors que le Maître se tourna vers son interlocutrice et lui dit :
« Permettez-moi à mon tour de vous poser une question, Madame. Quand vous allez faire votre marché le samedi matin, avez-vous votre nunchaku avec vous ? »
« Non, bien sûr, je ne l’ai que lorsque je m’entraîne dans mon dojo ! » « Alors dans ce cas, madame, Aïkido est plus fort que nunchaku ! ».
Plus que quelques jours avant le stage avec Kono Sensei… Si Kono Sensei est un spécialiste avéré des traditions martiales anciennes, il n'en a pas moins développé des méthodes tirées des Bujutsus afin d'utiliser le corps de la façon la plus optimale possible en fonction de votre pratique ou activité.
Ce week-end, grâce à Frédéric Bauvir, j'ai découvert cette vidéo étonnante de Kono Sensei, le Budo au service des personnes handicapées…
J'ai visionné un grand nombre d'épisodes de Samurai Spirit et y ai découvert pas mal de choses. Notamment dans cette vidéo, le travail du Kusari Gama, arme vraiment redoutable dans des mains expertes. En faisant quelques recherches sur le sujet, j'y ai découvert l'éthymologie du mot : Kusari = Chaîne et Gama qui vient de kama = La faucille (et pas le crapaud…;o).
Et une utilisation cinématographique d'une forme de Kusari…
Nicholas Pettas est un champion de Karaté Kyokushinkai et de Kick Boxing, par ailleurs combattant et vainqueur du légendaire K-1. Installé depuis plusieurs années au Japon, il a réalisé pour la télévision NHK une série de vidéos sur les arts martiaux et ce de façon vraiment originale.
C'est très intéressant et très plaisant à regarder, Nicholas Pettas joue vraiment le débutant des tatamis. Et l'humour n'est pas absent…
Il existe plusieurs séries sur le Kendo, le Iaido, le Sumo, le Kobudo et l'Aïkido que vous pouvez visionner facilement via youtube.
Ici, les cinq vidéos consacrées à l'Aïkido, bonne vision!