Dernièrement, une pensée revient régulièrement à mon esprit.
Ai-je le corps pour les pratiques que j’ai choisi de suivre?
Résultante d’exercices ou de techniques difficiles à réaliser, non pas parce que je ne les comprends pas ou ne les perçois pas mais plutôt parce que le physique (mon physique) m’empêche de les réaliser comme je le voudrais.
Ai-je un corps pour l’Aïkido?
Comme j’ai pu le constater depuis des années (un euphémisme), j’ai un corps qui se prête plus à de l’Aïkido purement physique (si, çà existe) qu’à une pratique des plus relâchée.

Saito Sensei, une pratique « lourde »

Pourtant, j’ai choisi de suivre depuis des années le Kishinkai, une école qui, outre le relâchement, met l’accent sur la légèreté et la modification du corps pour justement accroître la justesse des gestes.
Une recherche que j’adore littéralement, peut-être parce que justement elle me fait comprendre mes errements corporels.
Source de perfectionnement perpétuel, le Kishinkai demande beaucoup de ses adeptes, peut-être plus que ce mon corps peut donner.
Par exemple, les genoux abîmés ne descendent plus aussi bas lors d’un Shiho Nage par exemple.
Les épaules meurtries par des années de pratique « n’importe comment »  ne suivent plus lors des Ukemis ou même parfois lors de geste de bras.
Si lorsque j’enseigne, j’ai l’impression de « maîtriser » et d’ « être léger », il en va tout a fait autrement lors de stages où là la difficulté se révèle avec des pratiquants réguliers de l’école et là je ne parle même pas des moments où j’ai la grande chance de travailler avec un des ténors de l’art et où tout a tendance, à mes yeux, à s’écrouler (et non s’écouler…) comme un château de cartes.

Leo Tamaki Liège 2017 ©Georges Boulougouris

Peut-être parce que je me retrouve dans un groupe relativement jeune et encore dans la fougue « Yang ».
Et force est de me rendre compte que je vois pas ou très peu d’adeptes de  » ma corpulence » dans l’école et en plus d’un âge aussi avancé (même si j’ai l’impression d’être encore jeune, hein!).
Comment changer le corps (mon corps)?
No excuses! No pain, no gain! Euh ok mais en celà il faut avoir la motivation et le TEMPS, le fameux temps, et  je sais pertinemment que mon corps ne va changer complètement même si je passe des heures à m’entraîner correctement.
La motivation, il est vrai, n’est plus trop présente pour effectuer un travail du corps qui je le conçois aisément est vraiment nécessaire lorsque l’on est professionnel ou lorsque on envisage de se lancer comme enseignant à plein temps.
Pour ma part, ma carrière est plutôt derrière moi et me motiver pour cela est difficile.
En plus, j’ai un grand côté épicurien qui fait que, j’avoue 🙂
Pourtant, il faut que je me bouge pour ne pas rester sur ces maigres acquis et encore tenter de progresser.

Mon futur attirail de musculation!

Mais comment le changer?
La musculation n’étant vraiment pas ma tasse de thé (mais qui sait ce qui peut arriver…), L’idée viendrait plus de pencher vers le Yoga, la marche assidue, le vélo et le jardinage intensif (oui, je sais, pourtant on se dépense pas mal 🙂 ) que j’avais délaissé  depuis quelques temps. Le tout combiné évidemment à des exercices Budo solo.
D’ici quelques mois, mes journées seront libres et devraient être consacrées à cela mais en sera-t-il ainsi?
Ai-je un corps pour le Yoga?
Décidément, je ne fais pas les choix les plus faciles car là encore je suis loin d’avoir le physique conceptuel du Yogi.

Ben oui!

Ma prof a beau me dire que le physique importe peu, je sens mes limites et ce même si je se sens de l’amélioration à chaque leçon ne fut ce que millimétrique. Là encore, ce qui manque est la répétition inlassable et quasi quotidienne des exercices et des asanas. Et donc le TEMPS!
Pourtant, j’aime le Yoga et sa puissance infinie et encore une fois, je pense que l’avenir m’amènera vers plus de régularité de pratique.
Mais finalement, peut importe le corps pourvu que l’on aie le Coeur!

3 thoughts on “Je n'ai pas le corps pour

  1. Texte qui encore une fois, s’applique entièrement à la pratique du Shiatsu-do. Il y a une sagesse inhérente au corps qui vieillit et je crois que l’écoute de celui-ci est l’une des clés importantes pour pouvoir saisir ce que celui-ci essaie de nous communiquer patiemment jour après jour: be water my friend!

  2. Merci, mon ami, pour ce commentaire.
    Il est vrai que les similitudes sont nombreuses entre nos arts.
    La sagesse nous gagne à coup sûr 😉
    Steph

  3. Ayant commencé le shiatsu à 43 ans raide comme un balai,, je puis te dire que nos arts sont à la portée de tous. Bien sûr, on admire toujours ceux qui sont tombés dedans quand ils étaient petits. Mais la beautè est de se sentir progresser chaque jour et de faire des choses finalement extraordinaires si on écoute beaucoup d’autres, mais dont nous voyons les limites. Quant au côté épicurien… je me méfie des ascètes, coupés du flux de la vie. Ton chemin est le bon chemin car il est le tien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *