Heroïnes du Budo II

Heroïnes du Budo II

En termes d'”Héroïnes”, je me demande souvent si toutes les pratiquantes ne devraient pas être considérées comme telles. De par ma courte vie de pratiquant et d’enseignant, j’ai croisé la route de dizaines (si pas plus…) de féminines et rares sont celles qui arrivent à continuer et à persister dans la voie martiale. Par rares, je veux entendre en moins grand nombre que les “hommes”. Celà doit être dû à plusieurs facteurs, il y a par exemple l’interruption lors de la grossesse et l’après celle-ci…
Il y a également les difficultés familiales liées à l’engagement dans l’étude. Si le partenaire ou mari n’est pas lui-même pratiquant, il arrive un moment ou des tensions apparaissent dans le couple car le conjoint trouve difficilement compréhensible l’investissement dans l’Aïkido, la participation à des stages, les cours plusieurs fois par semaine et par là-même la “désertion” du domicile…Une forme de jalousie et de rivalité s’installe bien souvent alors envers le Dojo, l’enseignant et les compagnons d’entraînement. Le budo nous change et ces changements sont rarement bien perçus par l’entourage, à moins de vraiment faire preuve d’amour et de compréhension…Pour certains hélas, la place de la femme est encore uniquement “à la maison”…Peut-être que dans les temps reculés, il était plus facile de devenir UNE Sensei…
Traversons la mer et nous voilà en Chine pour un nouvel épisode sur la création de l’art chinois Wing Chun par une nonne chinoise du nom de
Ng Mui.

Elle était aussi connue comme faisant partie des cinq Ainés du Temple de Shaolin. Mais bien avant d’être à Shaolin, elle était déjà une experte accomplie en Kung Fu et, avait comme nom Loi Sai Leung. Son père était l’un des huit Généraux qui avaient aidé Yeung Jung Wang à accéder au trône de l’Empire (il fut le premier Empereur de la dynastie Qing (Ching).
Peu longtemps après son arrivée au pouvoir, Yeung Jung Wang qui ne voulait surtout pas partager sa puissance, fit assassiner son propre père ainsi que les huit Généraux qui l’avaient aidé à prendre le pouvoir. Alors, pour venger la mort injuste de son père, Loi Sai Leung tua elle-même l’Empereur, puis partit se cacher au monastère de Shaolin, où elle prit le nom de Ng Mui.
Avec l’expérience et l’habilité qu’elle possédait déjà dans le kung Fu, elle ne tarda pas à devenir la personne la plus expérimentée au monastère. Antérieurement, Ng Mui avait étudié avec le Sifu Wan Ho Lo Yan de la montagne Mo Dong et s’était par la suite perfectionné avec Dook Bay Sunn Lai.
Les autres Ainés étaient, par ordre Hiérarchique: Gee Sin, Fong Do Duk, Bak Mei et Miao Hin. Parmi ces experts, il n’y a que Gee Sin qui a réellement été moine au Monastère de Shaolin. Ng Mui qui était déguisée en moine ou plutôt en nonne du Temple de Shaolin, aurait été en réalité une pratiquante Taoïste.

C’est en observant marcher une simple souris, que Ng Mui développa un nouveau système de combat qu’elle appela “Siu Bo Mui Fa Kuen” (La marche de la petite souris). Plus tard, après de plus profondes recherches et après avoir longtemps travaillé et perfectionné ses techniques et surtout, suite à une longue observation d’une grue et d’un serpent, elle perfectionna son système qui devint connu sous le nom de “Sei Ho Bak Bo” (Les huit positions du serpent et de la grue). Plus tard elle raffina encore plus profondément le système qui devint alors connu comme le “Ng Bo Mui Fa Kuen” (La Boxe de la fleur de prunier). Ces trois systèmes sont donc à l’origine du Wing Chun.

Ng Mui, faisant désormais partie des maîtres de Shaolin, commença à enseigner ses secrets aux autres. Comme le gouvernement avait fait envoyer de nombreux mercenaires pour les exterminer, ces disciples furent donc obligés de camoufler leurs activités. Ng Mui réalisa qu’elle devait tout faire pour préserver cet art du combat qui originait de Shaolin, car l’Empereur était prêt à tout pour effacer toutes traces de leur existence. C’est ainsi que Ng Mui élabora un nouveau système de défense amélioré basé sur l’expérience de ses connaissances qu’elle avait acquises et maîtrisés au Monastère. Essentiellement, le système utilisait une combinaison de techniques très efficaces et de mouvements en lignes droites et qui pouvaient surtout être appris et perfectionnés dans une courte période de temps.
Elle enseignera à Yin Wing Chun et Hoang Hoa Bao, fondateurs des deux lignées de Wing Chun actuelles.

1 Comment
  • Emmanuelle
    Posted at 22:17h, 03 mars

    Bonsoir,
    d’abord félicitations pour ce deuxième opus. Comme cela fait du bien de voir que certaisn budoka prennent le parti de rendre hommage à des budokates:-) Malheureusement, ce sectarisme est encore présent, et je dirais qu’il est sans doute plus hypocrite aujourd’hui, plus cruel sans doute aussi, car il ne se pratique plus dans les faits reels, interdiction par exemle pour une femme de pratiquer ou autres friandises toxiques, mais bien dans l’attitude de certains hommes, ou anatomiquement considéré comme tels à l’égard des pratiquantes, qu’ils soient leur compagnon ou mari, ou qu’il soit leurs collègues des tatamis. Une sorte de déférence, de dédain aussi quelquefois, sauf naturellement si on joue la carte de la séduction, là, no problèm, les chéris sont là!ça fait peur. Mais au fond, il en a toujours été ainsi, pareil pour des discussions sur le budo, suffit qu’une femme émette des idées, on ne lui répond qu’en surface, ou par le charme, on ne s’attarde pas…Enfin, heureusement que tu montres quecertains pratiquants évoluent..Mais est ce une question d’évolution? Ou tout simplement d’intelligence et de sensibilté, de subtilité dirais je??? Là est toute la question finalement…
    En tout cas bravo Stépahen de nous rendre un tantinet hommage!!!!
    Bises et à très plus
    Emma

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