Respirer…respirer…

Respirer…respirer…

Il va sans dire que les êtres humains, les animaux et la nature vivent parce qu’ils respirent. Les êtres vivants inspirent l’oxygène de l’atmosphère et expirent le gaz carbonique de leur système. En aïkido, cette respiration se fait en trois temps, l’inspiration, l’expiration et une phase en apnée ou en suspension plus ou moins prolongée de la respiration. Cette méthode, en trois temps, a une forte incidence sur le pouvoir de concentration de l’individu. La manière de respirer affecte aussi le degré de fatigue éprouvée à l’effort.
Respirer superficiellement ou profondément, retenir son souffle momentanément ou longuement, dépendra de l’effort à fournir pour exécuter un mouvement. Lors de l’exécution d’une technique, de façon générale, il y a l’inspiration avant de l’exécuter, la phase en apnée lors de son exécution proprement dite et l’expiration subséquente lors de sa conclusion.

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La tentative de concentrer toute votre puissance sur un point lors de l’exécution d’une technique tout en effectuant une respiration équivaut à faire deux actions en même temps. Il en résultera un affaiblissement de votre pouvoir de concentration. Il faut donc, pour concentrer la puissance en un seul point, que cette action soit effectuée en apnée. Par contre, si vous maintenez trop longtemps la phase d’apnée, vous risquez de produire une saturation de gaz carbonique dans le sang qui vous obligera à une respiration rapide pour récupérer. C’est ce qui cause votre fatigue. Plus courte la phase en apnée, mieux ce sera. C’est pour cette raison qu’en aïkido les techniques doivent être exécutées rapidement : votre pouvoir de concentration atteint son maximum durant un très court laps de temps. Le maintenir durant longtemps est d’ailleurs impossible.

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Le rythme de la musique est créé en émettant des sons périodiquement à une certaine fréquence ; c’est la cause du plaisir de l’auditeur autant que du musicien. Le même principe s’applique en aïkido. Le jeu cyclique des trois éléments de la respiration : inspiration, apnée, expiration créé des rythmes complexes selon différents accents et temps que dictent la nature de la technique, le mouvement particulier de celle-ci ainsi que sa vitesse d’exécution. Par exemple, si le rythme de la respiration s’harmonise avec la technique ou la séquence de techniques, elles seront bien exécutées. En d’autres mots, lorsque le corps atteint ce rythme, vous pouvez vous déplacer avec aisance et faire montre d’exhiber un grand pouvoir de concentration augmentant ainsi l’efficacité de vos techniques. Comme décrit plus haut, la capacité à garder son corps en équilibre est directement liée à l’habileté à maximaliser l’efficacité du pouvoir de concentration.
Maîtriser le kokyu, c’est-à-dire les pouvoirs de la respiration et de la concentration, est plus difficile qu’il n’y paraît. Vous devrez apprendre en soumettant votre corps à une pratique assidue. Deux impératifs s’ajoutent à ce qui précède : l’étude de l’interaction entre votre équilibre et les phases d’inspiration d’expiration et d’apnée, avec des déplacements sans heurts de votre centre de gravité et l’harmonisation de votre corps au rythme du mouvement. Ce n’est qu’après avoir acquis cette maîtrise que vous pourrez bouger votre corps avec légèreté et facilité et, ce qui est plus important, vous constaterez une amélioration dans l’efficacité de vos techniques et une diminution de la fatigue. C’est alors que vous réaliserez les bienfaits de l’aïkido et que vous prendrez encore plus de plaisir dans sa pratique.

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Petite histoire de Itsuo TSUDA Sensei par rapport à la respiration :
Comment comprendre le concept respiratoire sur le plan technique? C’est simple. Lorsque vous êtes saisi par derrière à bras le corps par une personne plus forte que vous qui vous empêche de vous asseoir… que faire? Le projeter pour se dégager afin de pouvoir s’asseoir? Comme il pèse plus lourd que vous, vous ne pouvez le faire. Alors? Itsuo TSUDA Sensei répondait ceci :
« devenir un enfant »…. Je vois un coquillage merveilleux sur la plage et je me baisse pour le prendre. J’oublie celui qui continue à me serrer par derrière. Il y a l’écoulement du ki (expiration) qui part de moi vers le coquillage alors qu’avant le ki était figé à la pensée de celui qui me serre avec tant de force. Il devient alors léger et chute par dessus mes épaules… L’idée de projection provoque la résistance. Dans le geste de l’enfant, il y a la joie de ramasser le coquillage qui fait oublier la présence de l’adversaire…

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