Temps de réponse

Temps de réponse

Fils et filles de l’Occident nous connaissons bien évidement les atouts de l’enseignement cartésien. Mais il n’a pas que des avantages, et dans l’apprentissage des arts martiaux, il n’est pas évident que ce soit le meilleur. Cet enseignement fait essentiellement appel à l’intellect de l’élève. Or face à une agression il faut s’adapter immédiatement à une situation donnée, et le temps de réponse doit être le plus court possible. Si l’on fait intervenir l’intellect alors s’engage toute une chaîne de processus, et le temps de réaction est beaucoup trop long.

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L’œil transmet au cerveau qu’il a vu une attaque se manifester, le cerveau analyse et choisit la technique juste, puis transmet au corps les instructions appropriées, lequel obéit aux ordres. Mais le temps que tout cela se passe, on a de fortes chances d’être déjà mort, ou blessé. Tout cela parce que l’on s’est engagé dans un processus qui se passe dans la durée, alors que le geste juste doit se passer dans l’instant : l’homme attaque ? Il est par terre ! Si le corps, sans faire appel à l’intellect, réagit de manière instinctive à l’attaque, la réponse est immédiate, et la technique beaucoup plus efficace. Il faut donc redécouvrir le geste animal, le geste qui se produit sans l’intervention du cerveau. 
«Entre l’attaque et la défense, il ne doit pas y avoir l’épaisseur d’un cheveu. Quand nous frappons dans nos mains, le son se produit parce que les deux mains sont ensemble. L’étincelle jaillit entre deux silex parce que les deux silex sont ensemble. Ainsi doit-il en être entre l’attaque et la défense. »
L’enseignement traditionnel oriental, permet justement d’accéder à ce type de comportement, car il s’adresse directement au corps sans faire appel au cerveau. Le geste naît alors spontanément, au moment opportun en s’adaptant exactement à la situation rencontrée…

 

4 Comments
  • Emmanuelle
    Posted at 17:59h, 01 février

    Comme il a été judicieusement dit” les deux ensembles” simultanément, mais les deux… pas l’un au dépend de l’autre. Je pense que sans la pensée, nous ne sommes pas proches de notre humanité, ce que sont les arts martiaux. Je pense aussi que sans cette part “instinctive”, nous ne sommes pas plus proche de ce qu’est un humain. Les arts martiaux développent, il me semble, notre aptitude à nous adapter, développent l’harmonie entre nos différentes sphères d’investigation. Tout n’est qu’une question de moments. L’entrainement nous permet de nous “assouplir”; le combat réel, si malheuresement il doit y en avoir, sera d’autant plus efficace si on a travaillé dans la pleine conscience. Je crois que s’il est bien un domaine où la pensée, la réflexion, a plus que sa place, c’est bien dans les arts martiaux…même si je sais que beaucoup pensent le contraire:-(
    bises

  • Steph
    Posted at 20:13h, 01 février

    Hello,
    Les deux parts se défendent, si il est fait évidemment une grande part à la réflexion et à la pensée dans les budos, celà servira surtout dans l'”entraînement” et donc quasi toute notre vie ;o) car la chimère du combat réel s’éloigne au fil du temps, ca fait plus de trente ans que j’attends ;o);
    L’application en combat réel sera donc assez rare mais si celà survient, là je pense que l’on n’aura pas le temps de réfléchir…Ou plutôt mettre en application nos réflexions dans l’action sans penser à faire ikkyo, iriminage, etc.
    L’attitude (Shisei) sera d’ailleurs un bon rempart de pensées contre l’agression…
    Bizz

  • Emmanuelle
    Posted at 23:14h, 01 février

    Recoucou,
    l’application “consciente” de nos réflexions nés de l’entrainement, certes pas, ou alors, l’agresseur ne tient pas debout, ou nous voulons nous suicider ou encore nous tombons sur un gentil “voyou” qui attend que nous mettions bien là où il faut, jambes, pieds yeux etc…ce qui , je te le concède, est fort rare en combat réel:-)))de ma toute petite et malheureuse expérience:-( en revanche, je pense que s’entrainer en collaboration étroite avec ce que nous appelons un cerveau, enrichit profondément, et à notre insu sans doute, la pratique et surtout, nos réflexes lors de la confrontation réelle…Je veux dire, qu’un geste, un coup,qui part, porté aussi par la pensée dont il a été imprégné durant l’entrainement, mais qui , parce qu’il faut faire vite, échappe à notre conscience dans l’immédiateté du combat réel, est prodigieusement plus efficace…De toutes les façons, je crois que dans l’idéal, l’entrainement doit nous faire accéder à cet état si parfait, que notre simple esprit puisse dissuader toute velléité de confrontation…C’est en cela que je crois profondément, que si l’on est forcé de se battre dans la réalité…et bien c’est un échec…une éxpérience, au mieux:-)
    MAis pour accéder à cela, paradoxalement, il faut connaitre les attaques, les défenses etc…et c’est en cela que l’Aikido est à mon sens le plus parfait, psychiquement et spirituellement art martial…on apprend à se défendre…pas à attaquer…déjà, les dispositions d’esprit sont posées…
    Bisous ptit belge
    Emma

  • Steph
    Posted at 09:00h, 02 février

    Coucou,
    Je partage ton avis et vrai, il faut travailler notre cerveau et aussi avec 🙂
    S’efforcer de faire uniquement des mouvements musculaires apparaît tellement vain maintenant, mais il m’a fallut longtemps pour commencer à l’assimiler…
    Bises

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