Thé et Aïkido

Thé et Aïkido

Le Thé n’est rien d’autre que ceci :
D’abord vous faites bouillir de l’eau,
Vous faites ensuite infuser le thé,
Et vous le buvez comme il convient,
C’est tout ce qu’il vous faut savoir. 

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Lorsque celui qui l’interrogeait lui faisait remarquer avec désappointement qu’il "savait déjà tout cela", le Maître répliquait :
"Eh bien, s’il est quelqu’un qui sait déjà tout cela, je serai très heureux de devenir son élève".
Cette anecdote riche d’enseignements pourrait s’appliquer très souvent à bon nombre de pratiquants de notre Aïkido, qui pensent également "savoir tout cela".
Mais au-delà de l’attitude, du mouvement et de la précision, savent-ils qu’il est plus important d’exécuter une technique avec la seule sensibilité de la perception qu’avec l’appui de muscles contractés ?
– Savent-ils qu’un mouvement, qui n’appartient déjà plus au physique, se construit pendant l’inspiration et se réalise pleinement au moment de l’expiration ?
– Que le salut, en dehors du strict cérémonial, doit être un engagement total de l’être. Que non seulement on s’incline devant un symbole qui représente le chemin à parcourir mais également, devant la succession des Maîtres qui ont transmis leur enseignement et devant soi-même !
Non pas devant le MOI égocentrique, futile et mesquin, mais devant le MOI qui cherche à se connaître sincèrement.

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L’Aïkido est en effet avant tout une prise de conscience de soi-même. Aussi importe-t-il de voir ce qui "est", non pas intellectuellement mais d’une façon aussi réelle et actuelle qu’éprouver la faim ou ressentir une douleur. Chacun de nous à une image de ce qu’il croit être ou de ce qu’il voudrait être, et cette image nous empêche totalement de voir ce que nous sommes en fait.
Pour comprendre une chose, il faut vivre avec elle, l’observer, connaître tout son contenu, sa nature, sa structure, son mouvement. Et, si vous vivez avec vous-mêmes, vous avez remarqué que ce vous-mêmes n’est pas un état statique, mais une chose vivante, l’esprit doit, lui aussi être vivant et présent, sans aucune référence à notre passé et à nos souvenirs car alors l’esprit n’est plus libre.
Pour reprendre un exemple significatif, savez vous que même lorsque vous regarder un arbre en vous disant que c’est un chêne, ce mot, faisant partie des connaissances en botanique, a déjà si bien conditionné votre esprit qu’il s’interpose entre vous et votre vision de l’arbre ; pour entrer en contact avec l’arbre vous devez y appuyer la main. Le mot ne nous aidera pas à le toucher.
La réalité est en la compréhension de cela et nous nous rendons compte alors que nous ne pouvons dépendre que de nous.
Ce n’est qu’à ce moment, en tant qu’être humain vivant dans le monde et percevant la nature et la structure de nos rapports avec ce monde que notre mouvement "conscient" engendre une qualité, une certaine forme de valeur de la vie.
C’est pourquoi il est indispensable d’effectuer nos techniques avec une compréhension totale du geste et de sa signification.
Comme pour l’arbre, l’AIKIDO peut être "touché" par notre main…

2 Comments
  • Emmanuelle
    Posted at 12:54h, 27 février

    J’aurais presque envie de dire que je ne vais rien dire, parce que je sens que je vais encore blablater:-((( Mais…Au final,savoir n’est rien, juste un substitut de je ne sais quoi d’ailleurs…savoir, c’est l’esprit sans le coeur.Connaitre, c’est l’esprit, le coeur, le corps, et toucher un arbre, comme faire le thé, c’est tout cela réunit.La rencontre presque “prophétique” de tout ce qui fait que nous sommes humains.
    Bisous
    emma

  • Steph
    Posted at 19:10h, 27 février

    Hummm, je ne comprends pas trop ton post…
    Oui, il y a pt-être une différence entre “savoir” et “connaître” bien que, comme le chantait si bien Gabin “Je sais que je ne saurai jamais” ;o)
    Bon ben, explique moi…
    Bisous

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