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Aunkai : présentation

Aunkai : présentation

Voici le petit texte dont je parlais dans le post précédent, Sébastien Place me l'a envoyé très gentiment et je le publie avec son autorisation:
En tant que pratiquants d’Aïkido, je désire vous présenter une pratique très intéressante qui peut facilement se pratiquer de manière complémentaire et constructive par rapport à notre Budo. Cette discipline martiale porte le nom d’Aunkaï.
Origines de l’Aunkaï
Loin d’être une discipline millénaire, l’Aunkaï a été mis au point par Minoru Akuzawa lors de son parcours de chercheur en arts martiaux. Il commença à l’enseigner à partir de 2003. Ce maître, fondateur de sa discipline, aurait commencé les arts martiaux vers l’âge de 16 ans par le Taï Chi puis vers l’âge de 19 ans le Hsing I. Compétiteur dans l’équipe japonaise d’arts martiaux chinois, il remporta au début des années 90, le tout premier championnat du monde de Sanda dans sa catégorie.


Photo : Exworld

Trouvant les techniques sportives pas assez efficaces il poursuivit ses recherches. Passant par la pratique du toshu kakuto, le close-combat japonais, il fit connaissance d’un pratiquant de koryu (lit. école ancienne) qui lui a transmis les fondements du taïjutsu et notamment les formes de Yagyu Shingan ryu. C’est donc l’ensemble de cette recherche qui l’a amené à fonder l’Aunkaï. Dans une interview de Léo Tamaki (www.leotamaki.com) dans la revue « Dragon », Akuzawa senseï présente son point de vue sur les arts martiaux comme ceci : « Pour moi le bujutsu n’est pas un ensemble de techniques, mais un état du corps. Une fois les principes intégrés les techniques jaillissent spontanément car le corps est capable de s’adapter instantanément. »

Qu’est-ce que l’Aunkai ?
La démarche de l’Aunkaï pourrait se résumer par « remonter vers la source de l’art martial ». Cette définition est un peu vague pour présenter une discipline étrange au premier coup d’œil. Les pratiquants travaillent bien souvent de manière solitaire, extérieurement les mouvements sont économes, les postures longues et statiques (dans un premier temps). Christophe Ksiazkiewicz (l’un des instructeurs français formés par Akuzawa senseï) le décrit comme tel : « Aunkaï ça ne ressemble à… rien. A rien de connu en tout cas ».
Pratiquement l’Aunkaï consiste en une séquence gestuelle simple mettant en œuvre des principes communs à d’autres méthodes martiales. Si on se borne à examiner la gestuelle des formes de base d’Aunkaï (voir photos), on pourrait sembler croire en effet qu’il est facilement assimilable. Mais une fois plongé au cœur de la pratique on s’aperçoit bien vite des limites de cette soi-disant facilité.
L’un des credo d’Akuzawa senseï est qu’avant de savoir se battre il faut apprendre à se tenir debout, à s’asseoir et à marcher. Choses banales en occurrence et pourtant tellement fondamentales. Il suffit de regarder un groupe de stagiaires, pourtant des pratiquants aguerris dans leurs disciplines respectives, complètement déstructurés dans le déplacement de leur corps. Ou de les voir complètement étranger face à leur schéma corporel, face à la maîtrise de leurs corps dans l’espace. Ce corps dont ils croient avoir la maîtrise, pour se poser la question sur l’efficacité et l’intensité de leurs frappes.


Photo : Exworld

Alors, effectivement, quand on voit bouger Akuzawa senseï où quand on sent ses frappes, pourtant volontairement retenues, on accepte l’évidence, la nécessité de changement de l’utilisation du corps. Selon les élèves d’Akuzawa senseï, les effets, les bénéfices plutôt, de la pratique des tanren (exercices de renforcement de la posture) se font ressentir bien vite. Non seulement on change, mais on le sent on acquérant une meilleure perception corporelle.
Une autre particularité d’Aunkaï réside dans sa pratique solitaire. En effet, la majorité des formes s’exécutent sans la présence d’un partenaire. Une éventuelle confrontation avec celui-ci sert de jauge pour la progression.
L’Aunkaï peut donc devenir pour des pratiquants d’autres disciplines une source d’inspiration très riche dans la recherche des sensations internes et de l’amélioration de notre pratique martiale. Si l’occasion se présente à vous, l’essai en vaut véritablement la chandelle.
Paru dans le Flash Aïkido de l'Association Francophone d'Aïkido Avril 2011

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