Sakura Dojo

Aïkido et bien-être à Chaumont-Gistoux

Tamura Sensei et le Budo

Publié par Steph le Jeudi 29. juillet 2010

Actuellement de nombreux Budo prospèrent en Europe comme en Amérique, avec toujours de plus en plus de pratiquants.
Pour des pratiquants de Budo comme nous, cela devrait être source de joie. Cependant tous ces Budo, si différents les uns des autres, qui apparaissent soudain m'étonnent et me laissent perplexe. Je ne parle pas des anciens Budo qui retrouvent la lumière cachée depuis longtemps et qui aujourd'hui sont jugés meilleurs qu'ils l'étaient jadis. Cela, au contraire, me réconforte et me fait plaisir. Mais des Budo qui mélangent ou qui ajoutent l'un à l'autre les arts martiaux s'imprégnant de couleurs et de parfums mystérieux de l'Orient.
S'il est vrai que l'homme dans la société est contraint de changer cette société pour l'adapter à chaque génération parce que le monde est mouvement, il est aussi normal que changent la culture, les techniques, la civilisation. C'est la condition de l'existence même.
Alors le Budo également peut être amené à changer dans ses formes. Mais est-il bon de changer un Budo quant au fond ?
Au Japon, l'on dit qu'on ne peut greffer un bambou sur un arbre ordinaire. Si, par hasard, une telle greffe réussissait, quel en serait le résultat : un arbre ou un bambou ? Comment devrait-on l'appeler ?

Cette prolifération des arts martiaux, en Occident, s'explique peut-être par le fait que les Occidentaux n'ont pas souvent une bonne conception des Budo. Il est vrai que moi-même je ne suis pas capable de donner une bonne explication de ce qu'est un Budo. L'histoire du Budo a deux mille ans. Durant ces deux mille ans, le Budo, suivant les époques, les régions, les hommes, a certainement présenté de multiples visages. Cependant, au fond de l'âme de chaque Japonais vit encore, de nos jours, le sens profond du Budo et moi-même, en tant que Japonais, je peux peut-être essayer de vous donner une explication qui pourrait vous être utile.
A l'origine BU = voie du combat avec armes; donc méthode pour tuer, méthode de guerre.
Plus tard BUDO = voie pour le maintien de la paix, méthode pour éveiller en l'homme le sens de la vie.
Le combat a changé de but. Est-ce bien certain ? L'origine du mot soldat se trouve, chez les Romains, dans l'expression : "celui qui reçoit le sel, plus tard celui qui reçoit la solde, c'est-à-dire qui est payé pour».

Au Japon, nous disons MONO N0 FU, l'homme armé. MONO = arme. FU = homme. Avec le même sens. TSUA MONO (TSUA = TSUBA). Nous disons encore MASURAO : homme de valeur, de qualité. Homme de guerre supérieur à un autre guerrier. Ensuite, avec le temps, nous arrivons à SAMOURAÏ ou BUSHI : homme de guerre dont la caractéristique principale est la fidélité. BUSHI : homme de guerre dont la fidélité va «jusqu'à ce que le corps s'écrase, les os étant devenus friables»
 L'étude du Bushi est donc le mépris de la mort.
Son choix • mourir sans regret, sans attachement à la vie. Le sens de sa vie est de donner sa vie. Pour sauvegarder là-vie du chef de la Maison à laquelle il appartient. Tel est le BUSHIDO ou chemin du BUSHI.
Pour nous, Japonais, le BUSHI est l'image parfaite de l'homme.

Continuons notre explication.
Dans une société, celui qui détient les armes, est indubitablement très fort. Il lui serait facile d'user de ce pouvoir au détriment des autres.
Tout le monde normalement a de l'amour' pour "soi. Il lui est donc difficile de maîtriser son ego, de vaincre ses désirs, il doit être fort.
C’est ainsi que le SAMOURAÏ ou BUSHI ne doit pas seulement travailler les techniques martiales mais avoir les qualités profondes de l'esprit afin d'être toujours meilleur. Il doit s'envelopper, comme d'unes seconde peau, de culture morale.
Cela chacun doit pouvoir le voir, le percevoir.
Pour nous, Japonais, en effet, le SAMOURAÏ est celui qui transpose dans la vie de tous les jours l'ensemble des qualités acquises. Le SAMOURAÏ se rapproche donc bien du type parfait de l'homme.
Expliquons nous.
Être seulement physiquement fort, habile aux armes, ne signifie rien de sérieux. L'attitude, le comportement général caractérisent, même, dans la défaite, le vrai SAMURAÏ. Ainsi-au moyen~age, après une guerre perdue et la reddition de la forteresse, le chef de maison se sacrifiait lui-même et sa propre famille, à condition que son peuple et ses subordonnés soient épargnés et restent libres. Lors de la deuxième guerre mondiale, l'Empereur du Japon, rencontrant le général MacArthur, lui a offert, s'estimant responsable, sa vie et celle de sa famille, lui demandant de ne pas toucher aux Japonais.
Pourtant, depuis le début, il était opposé à la guerre.
De tels actes sont pour nous, le BUSHIDO ou voie du BUSHI.
Est-ce CLAIR ?

Abordons un autre aspect de la question.
En Europe, actuellement, beaucoup traduisent BU par «arrêter la lance». Cependant le sens original de BU se traduit ainsi : lance et pied; combinaison de lance et pied. Donc quelqu'un qui tient une lance devant le pied; attitude de l'homme debout tenant une lance, les pieds solidement appuyés sur le sol, symbole de l'homme fort, physiquement fort et armé. Armé au service des autres, le pays par exemple, gardien du pays, si vous voulez.
Cette image où entre le don de soi total est pour les Japonais, le symbole de l'homme véritable.
J'insiste et je m'explique encore. Les animaux ont les dents, les griffes. Les cornes : les hommes ont le katana, la lance, l’arc et les flèches. S'en servir pour soi-même, c’est agir comme les animaux ; les utiliser pour la paix, ne pas s’en servir c’est, si l’on veut, la voie de l’homme. C’est dans ce sens que BU a été traduit par arrêter la lance.
Mais, recevoir les coups sans pouvoir se protéger, cela n’est pas le BUDO ; on ne peut pas dans ce cas dire BUDO. Si les militaires ne peuvent pas défendre leur pays, que sera la situation de la population ?     
Durant la dernière guerre, la Norvège avait une armée de treize mille hommes et quatre-vingts vieux avions, une situation militaire déplorable. L'armée allemande occupa la Norvège en trois jours. A la même époque, la Suisse, pays neutre, avait cent quatre vingt mille soldats, cent vingt avions de type récent et- cent vingt plus anciens, des soldats bien entraînés. Là serait la raison pour laquelle Hitler se serait tourné vers la Norvège.

Le BU d'un pays, le BU de chacun doivent être en permanence entretenus. Nous disons symboliquement qu'il faut toujours être prêt à enlever les flammèches qui tombent sur le corps. II faut garder cette capacité d'intervention.
Tenir le fusil, défendre le faible, c'est l'image de I’homme. Mais si la nécessité de servir de ce fusil ne se présente pas, il ne faut pas l'utiliser surtout pour là satisfaction de l'ego. Le bon faucon garde les serres 'rentrées.
Nous avons en japonais deux expression :
- SATSU JINTO : sabre qui tue, qui enlève la vie
- KATSU JIN KEN : sabre qui donne la vie.
C'est le même sabre, c'est l'homme qui l'utilise.
Tuer en soi le désir de tuer équivaut à sauver la vie de quelqu’un. C’est le sens de KATSU JIN KEN. C est, je crois, le sens que O'Sensei donnait à : AM0UR.

Le BUSHI a le courage de couper n'importe qui, n’importe quoi, n’importe quand, n’importe ou, quelqu’un de mauvais ou lui-même. Cela est certainement le véritable sens de AMOUR et posséder ce sens du mot AMOUR fait le BUSHI c'est-à-dire quelqu'un qui peut utiliser aussi bien SATSU JINTO que KATSU JIN KEN, qui peut donc tuer si nécessaire. Si on ne possède pas cette faculté, KATSU JIN KEN ne signifie rien.
Il en est de même sur le plan technique. L'étude passe par là. C'est le Budo qui fait le Bushi. Je ne voudrais pas que Vous vous trompiez sur ce sujet.
Par le BUDO, avec le travail de Bojutsu, on forge l'homme de forte personnalité. Nous dirons donc voie du BUDO, abandon de soi-même pour SERVIR. BUDO recherche de l'UN, recherche de l'UNITE, Paix entre les Hommes.
JINMU est le nom donné au premier empereur du Japon. JIN = Dieu, MU = Bu ce qui se traduit par Empereur du pays de l'ART MARTIAL. Il ne faut pas comprendre art martial dans le sens d'art de la guerre, mais dans le sens de guerrier et Dieu en un, ayant réalisé l'UN, s'apparentant à Dieu et possédant la force martiale.
Telle est la pensée profonde des Japonais; d'où ce nom donné à l'Empereur.

Ainsi est le vrai BUDO qui propose apparemment des contraires : étude des armes faites pour tuer et qui construit un monde harmonieux, lumineux, pur, juste.
Faites le deux UN.
Je livre ces propos à votre réflexion.

Nobuyoshi TAMURA (1980)
 

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Tamura Sensei 1979

Publié par Steph le Vendredi 23. juillet 2010

Sensei n'est plus…cependant, il continue à être présent à travers nos gestes, nos attitudes, dans nos coeurs et aussi dans ses écrits.
Ci-dessous, un texte de 1979 sur l'enseignement.

La commission technique de la Fédération Européenne d'Aïkido a été récemment mise en place. Au moment même d'installer une réglementation et de distribuer des titres de SHI-HAN, SHI DO IN ou FU KU SHI DO IN, Pierre Chassang pense qu'il serait bon peut-être que je définisse ce qu'est un enseignant.
Alors que j'enseigne depuis des années, ce propos me cause une vive surprise; en effet, je ne me suis jamais demandé ce qu'est un enseignant. Je vous dois des excuses.

Qu'est-ce qu'un enseignant, quel type d'homme est-il ? Que doit-il faire ?
Cette question indéniablement a surgi avec le premier homme et ne disparaîtra qu'avec le dernier homme.
C'est la question posée à soi-même, à laquelle on répond soi-même et toujours, éternellement sans réponse.
Moïse est certainement le premier conducteur d'hommes de l'histoire que nous connaissons. Comment a-t-il amené son peuple d'Israël à travers le désert ? Qu'ont pu être ses pensées à ce moment-là ? Comment a-t-il pris sa décision ? Que s'est-il passé en lui, le Solitaire ?
Indubitablement il y a deux sortes de conducteurs d'hommes ou d'enseignants.
Celui qui connaît le chemin qui conduit où il veut aller parce qu'il a déjà fait la route. L'autre qui connaît le but à atteindre mais pas le chemin qui y conduit.

Le premier c'est, par exemple, le guide en montagne : il connaît la route à suivre, chaque difficulté, chaque passage dangereux. Il amènera avec certitude son client à l'endroit désigné.
Le second, comme Moïse, obéit à une révélation divine. Il reçoit l'ordre d'aller et marche vers le but indiqué, dans l'ignorance du parcours, comme un groupe d'explorateurs à l'aventure dans l'inconnu; cependant que là encore il s'agit d'un groupe animé d'une volonté commune rendant de ce fait les choses plus faciles. Par contre, Moïse, quant à lui, est seul. La moindre petite erreur ou faute de jugement compromet la vie de tous.
Le planning le plus complet (étudié, étudié, encore étudié), le training de chaque jour, le ravitaillement ont leurs limites; au delà de celles-ci c'est le trou noir, les ténèbres. La météo, les accidents, la maladie sont imprévisibles.
L'enseignant d'Aïkido est un conducteur d'hommes du type Moïse; c'est du moins mon opinion. Incontestablement, Maître Ueshiba était au sommet de l'Aïkido mais nous, de la vallée, nous le regardions au sommet de la montagne et nous n'avions de lui qu'une petite image.
Moi-même, je crois marcher derrière O'Sensei, mais il suffit d'un petit arrêt, pour souffler par exemple, et O'Sensei s'est éloigné loin. Très loin.
Je connais donc la route, je vois le chemin, mais il reste à faire, je ne le connais donc pas !

C'est un peu comme l'île au trésor des veilles cartes.
Mais, sur les cartes d'aujourd'hui, l'île n'est pas indiquée en ce qui pourrait signifier qu'elle n'existe pas. Pourtant, vous savez qu'elle existe et qu'elle renferme un trésor. Fort de vos connaissances, vous vous mettez en route.
Dans ce cas, la responsabilité du capitaine est énorme. La mer, les courants, le temps autant d'obstacles qu'il faut surmonter. Malgré toute l'expérience que vous pouvez posséder, des difficultés inconnues se présenteront. Il faut, néanmoins, aller de l'avant, alors qu'apparaît la nécessité du jugement exact, de la décision à prendre, de l'union de tous dans le même sens.
Ce n'est qu'à cette condition que le but sera peut-être atteint.

Nous avons essayé et mis ensemble toutes les forces humaines, la part qui reste est celle de l'intervention divine, ce qui veut dire que le départ pris, il ne reste plus qu'à aller de l'avant.
Le capitaine sera un être qui aura le courage de la décision; il sera expérimenté, intuitif, maintenant l'unité de l'équipage, lui-même et l'équipage ne faisant qu'un, comme le père et son fils, par exemple…
Le capitaine pense, doit penser comme l'équipage et l'équipage travaille dans le sens du capitaine; il ne peut en être autrement. Le capitaine saura alors donner les ordres qui conviennent, l'équipage comprendra son capitane.
Le capitane et son équipage ne faisant qu'un réalisent l'harmonie du groupe et l'ensemble peut alors atteindre le but. Mais tout cela est l’œuvre du capitaine.
Cela me rappelle le grand Maître de thé RUKYU qui avait coutume de dire parlant de la cérémonie de thé : «c'est comme en été un souffle d'air frais, une sensation agréable de fraîcheur; en hiver, une douce impression de chaleur, les charbons ne sont là que pour chauffer parfaitement l'eau, le thé que pour le plaisir de boire». Je vous donne le secret de la cérémonie de thé. Si vous pensez que c'est facile à réaliser, je vous conseille de le faire.
Cette chose ordinaire, banale, apparemment facile, naturelle à réaliser, est difficile.

 

Pour contenter un hôte, à celui qui a soif, vous donnez un grand bol avec beaucoup de thé léger et pas trop chaud; à celui qui n'a pas soif, un thé plus fort, en moindre quantité et chaud. Vous agissez ainsi pour le plaisir de vos hôtes. Il faut suivre le désir de l'hôte, le sentir. Cette disposition est le secret de la cérémonie de thé, c'est le cœur de l'enseignant d'Aïkido.
L'enseignant d'Aïkido connaît chacun des pratiquants et leur soif spécifique de connaissances. Si leur technique est bonne, il s'attachera à l'améliorer, si elle est mauvaise, il va la rectifier.
Son action va à la rencontre des déclarations du Maître de thé, comme une sensation agréable de fraîcheur en été, comme une douce impression de chaleur en hiver.
Nobuyoshi TAMURA

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Adieu Sensei

Publié par Steph le Samedi 10. juillet 2010

Cher Sensei,
J'ai appris votre disparition, il y a quelques heures et ce par un message d'une chère amie, alors que je me trouvais à l'étranger pour moi, dans votre pays d'adoption pour vous. Je vous le dis, j'étais préparé à ce fait depuis des jours, par l'intermédiaire de personnes qui vous sont vraiment fidéles, et peut-être que celà permettra de rendre ce moment moins triste.
Ce soir, j'ai lu des blogs, des forums, chacun vous louant ou se réclamant de vous alors que la réalité fut, souvent, toute autre.


Vous devez en rire là haut, vous qui étiez bien souvent muni d'une âme d'enfant. Ces enfants que vous adoriez et avec qui vous partagiez de si beaux instants, souvent mes jeunes pousses me parlent de vous et ont même votre photo dans leur panthéon personnel.
Vous ne devez pas trop savoir qui je suis, pourtant comme des dizaines de milliers d'autres, je fus un de vos "élèves" disséminés de par le monde. Un "élève lointain" qui vous a aperçu un jour de 1977 et qui s'était dit avec la candeur de sa jeunesse : waaww,  terrible celui-là…Le temps a bien passé depuis et par la suite, nous nous sommes revus quelques fois et vous avez dù vous demander qui était ce gros belge incapable de bouger lorsque vous le teniez.. Ce fut à chaque fois de belles leçons…
Vous étiez le phare de mon modeste Aïkido, souvent des bateaux pilotes me guidaient, et ma petite pratique s'approchait ou s'éloignait suivant le sens qu'elle prenait.
Je sais que, maintenant, plus rien ne sera comme avant…
Je pense très fort à votre famille et à votre repos éternel.
Adieu.

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Eténation…

Publié par Steph le Vendredi 2. juillet 2010

Comme chaque année, le blog et le Dojo se mettent à l'heure d'été donc pas de cours au Sakura (à part les stages enfants) et des posts en mode réduit, ce qui n'empêche pas de penser et de préparer des articles.
Cette saison ne me verra pas beaucoup dans les stages, du moins pas à l'étranger, et ce pour de multiples raisons.
Pour les intéressé(e)s par la pratique, le Suki Dojo sera ouvert chaque mardi et vendredi de juillet de 19h30 à 21h00.

Normalement, nous serons de retour en septembre pour de nouvelles aventures.
D'ici là, je vous souhaite, à toutes et à tous, d'excellentes vacances, un bel été et que celà vous soit bénéfique pour une heureuse rentrée…
A tout bientôt.
Stéphane

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Sugino Sensei à Bxl

Publié par Steph le Mercredi 30. juin 2010

Contrairement à nos pays voisins, les stages d'été d'Aïkido ne sont pas légion dans notre plat pays à l'exception du stage de Christian Tissier Shihan à Wégimont, du stage Ubea à Sombreffe et du stage de Maredsous avec Sugano Shihan. A côté de cela, c'est un peu le repos estival…à part la pratique dans les rares dojos ouverts (tel le Suki Dojo qui connaîtra une grande affluence à coup sûr!!). L'évènement annuel qui clôture ce mois de juillet est sans conteste le stage de Katori Shinto Ryu et d'Aïkido organisé à Bruxelles (les détails : ici ) sous la direction de Sugino Yukihiro Sensei 9ème Katori et 7ème Dan Aikikai, enseignant à Kawasaki.

Il fut formé par son père, Yushio Sugino Sensei 10ème Dan Katori, expert dans de nombreux autres budos et légende des arts martiaux.
J'ai déjà suivi deux stages sous la houlette de cette personnalité hors du commun, c'était très enrichissant, des formes très classiques mais ne dit-on pas de toujours revenir aux bases…. Le stage Aïki aura lieu ce jeudi 22 juillet de 18H00 à 20H00 au dojo ACEPO de mon ami Robert Roman, un vrai dojo traditionnel existant depuis…1946 et qui a vu passer du beau monde en témoignent les photos décorant les murs : Kochi Tohei, Tadashi Abe, André Nocquet, Kenjiro Abe et plus récemment Akuzawa et Kono Sensei lors des Master Class.

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Anti-stages???

Publié par Steph le Mardi 29. juin 2010

Fin des Master Class et la pression retombe, il faut dire que nous n'avons pas chômé les derniers temps pour la bonne organisation de ces évènements qui, je pense, ont été perçus dans l'ensemble comme très positifs.
Pas mal de témoignages nous sont parvenus à la suite de ces stages, certains étant dubitatifs, se demandant pourquoi ils étaient venus. Il est vrai que pour ceux qui cherchent uniquement la technique à tout prix, l'ultime secret qui permettra de couper à distance ou de massacrer en utilisant les déplacements Aunkai…celà a dû être un brin décevant.

 

Monter sur une chaise sans vriller le corps…

Pour reprendre les paroles d'Ivan Bel, on ne peut pas parler vraiment de stages mais plutôt d'"anti-stages"…du moins dans le sens dans lequel nous avons l'habitude de pratiquer, un échauffement, des techniques démontrées et puis la pratique avec partenaire.
Ici, pas grand chose de tout celà, mais bien des moments particuliers au cours desquels nous avons pu ressentir l'enseignement de deux maîtres avec des grands M…
Les éléments que j'ai particulièrement apprécié au cours de ces deux Masterclass, fut la rencontre d'autres personnes, le mélange des genres, des disciplines et même la participation de gens ne pratiquant aucun art martial. 

  

Le tsuki de Kono Sensei…

 

Et aussi des retrouvailles dont celle avec Tom Grundmann, pratiquant Iwama et qui reste très ouvert à toutes les autres formes de travail.

Un petit commentaire de sa part laissé sur Budo No Nayami :

 

Le stage se termine, mon esprit déborde. En rentrant chez moi, il est déjà tard : à 3h du matin, je n’arrive pas à dormir… Les souvenirs s’emmêlent, les idées jaillissent, les questions se bousculent ; je sais qu’il me faut d’abord digérer toutes les informations que mon corps et mon cerveau ont engrangées, mais en même temps j’ai envie de me lever et de m’entraîner. Je sais que la route sera très longue, qu’il faudra faire beaucoup d’efforts, mais je suis plus motivé que jamais ! Plénitude et vide, c’est ce que je ressens. Comment l’expliquer ?

 

La générosité de Kono Sensei nous a permis de vivre intensément le stage. Pendant 2h30, il nous a fait plonger dans son univers, il a partagé sa passion avec nous. Sur le visage de Sensei, on peut lire la joie d’enseigner, de transmettre le fruit de ses recherches. Pourtant, lorsqu’il pratique, on voit qu’il ne se repose pas sur son acquis mais qu’il continue de chercher ; les questions que nous lui posons, il se les approprie, et il y réfléchit d’abord pour lui-même avant de nous donner sa réponse. Il apporte tant de soin à chacun de ses élèves que j’ai l’impression d’avoir vécu un moment privilégié, i shin den shin… Je rentre donc heureux, comblé de bonheur. J’ai même l’impression qu’il nous en a trop donné, et qu’il me faudra peut-être des années pour tout décortiquer ! Mais voilà, en repartant, Sensei laisse également un grand vide… Et c’est à ce moment que l’on réalise que chaque instant que nous avons passé avec lui était un trésor.

 

 

Heureusement, l’enseignement d’un tel maître a une saveur exceptionnelle, il est impossible de l’oublier. Aussi, même si aujourd’hui je me  retrouve seul, face à moi-même, je garde intacte cette sensation et j’ai l’impression de prolonger encore et encore ce moment pourtant si fugace. La fin du stage n’est que le commencement…

 

Je garderai précieusement l’image que Kono Sensei nous a montrée de lui : c’est un homme généreux, simple, humble et sincère. Pour être honnête, ce n’est pas sa technique qui m’a le plus touché, mais sa plutôt sa démarche, l’exemple qu’il nous livre. Ce que démontre Sensei, c’est qu’il faut toujours pouvoir se remettre en cause, qu’aucun détail n’est insignifiant, et qu’il faut aller au bout de ses rêves, apprendre à se dépasser. Au-delà de la forme, il faut saisir le principe, et l’appliquer à chaque instant de sa vie…

 

  Une vidéo prise lors du stage avec Kono Sensei par Hervé Connerotte

 

 

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Yoga enfants et autres

Publié par Steph le Lundi 28. juin 2010

Durant les stages d'été pour enfants, il n'y aura pas que de l'Aïkido mais aussi des belles balades dans les bois, des aikigames, des jeux de ballons, l'exploration de la "Roseraie" et également deux activités bien particulières.
Il y aura bien évidemment le cours de japonais qui a lieu depuis deux ans maintenant. Ce cours donné par Omata Takako Sensei remporte toujours un franc succès. Au fil du temps, nous sommes devenu vraiment amis et ses cours se développent afin de satisfaire le plus grand nombre d'élèves dont certains ont déjà acquis un petit vocabulaire nippon et de belles notions en calligraphie.

Une toute nouvelle activité prendra également place : le Yoga pour enfants.
Bon, ici pas de postures super compliquées mais des gestes adaptés aux plus jeunes et également un beau travail de la respiration.
La plupart des enfants se mettent très tôt à respirer de façon superficielle. A la naissance, l’enfant a généralement une respiration naturelle. Elle est ancrée profondément dans le bas-ventre. Mais les enfants sont exposés très tôt au stress et leur respiration devient, peu à peu, beaucoup plus superficielle : ils respirent uniquement avec le haut de la cage thoracique. On perd alors l’effet relaxant et décontractant.
Mais les enfants doivent avant tout s’amuser. C’est la raison pour laquelle les cours pour enfants sont beaucoup plus ludiques que les cours pour adultes. Les exercices ne portent pas trop de noms sanskrits. On préfère parler de "lion rugissant" ou de "fleur de lotus". Tous les noms sont inspirés de la nature. Cela a un impact très positif sur les enfants.

Ces deux belles séances (en juillet et début août) seront animées par Sarah Derasse. Sarah est massothérapeute professionnelle, a une très grande connaissance de tout ce qui touche à cette forme de thérapie et a étudié différentes écoles de Yoga. Elle a comme beau projet de se spécialiser dans les cours aux enfants. Quelqu'un que j'ai rencontré lors de la formation Shiatsu et qui est vraiment très chouette…
Plus d'infos dans l'onglet "Stages".

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Kono Sensei, le Budo vivant

Publié par Steph le Vendredi 25. juin 2010

Comme l’écrivait Léo sur son blog, la rencontre avec Kono Sensei est quelque chose d’indéfinissable, une plongée dans le passé face à un samourai…
Arrivé mercredi après-midi Place De Brouckère pour accueillir nos invités, je distingue Issei, Yannick, un japonais (le fils de Sensei) et quelqu’un sorti tout droit d’une estampe ancienne, vêtu d’un magnifique kimono, d’un hakama, de tabis et de…getas qui doivent faire au moins 10 cm de haut, je viens de rencontrer Kono Sensei.

Terrasses bruxelloises…

Différence d'habits, Grand Place…

Nous voilà partis pour un petit repas et une visite touristique de la Grand Place où il est clair que notre équipage ne passe pas inaperçu. Kono Sensei n’est pas quelqu’un de très disert ne parlant qu’à bon escient et s’intéressant à tout, que ce soit aux grues de chantier, aux boulons des planches des bâtiments anciens ou aux antiquités bruxelloises du musée de la ville de Bruxelles. Après cet intermède et quelques photos prises en studio, nous mettons le cap vers l’ACEPO où une salle comble attend ce professeur vraiment pas comme les autres. Comme lors du stage d’Akuzawa Sensei, peu de techniques mais surtout des éducatifs et des façons de faire que nous pourrons inclure dans notre pratique, on verra d’ailleurs des similitudes avec l'Aunkai dans divers mouvements.

Un cours particulier à suivre, pas d’échauffement et Sensei de démontrer plusieurs manières de placer les mains avant de nous laisser faire entre nous sous ses corrections ou celle de son fils. Les mouvements se suivent tous différents les uns des autres.
Sensei est une  véritable encyclopédie, le Budo vivant…maniant aussi bien le katana, la naginata, le jo ou la lance…Il démontre sans cesse en répondant à nos questions à sa manière, il y réfléchit et puis part dans le geste tel un virtuose.
Et parfois, ces questions sortent du concept martial comme cette dame, chanteuse et pratiquante de…tir à l'arc occidental qui fut bien éclairée sur ses interrogations ou ce praticien de Shiatsu qui se demandait comment mettre de la puissance sans force…

Robert, Issei, Sensei, Stéphane

Depuis, ces moments me trottent dans la tête, un peu comme un rêve qui ne finit pas et je ne suis pas le seul à avoir ce sentiment d'après les paroles et écrits reçus ou vus depuis ce mercredi.
Ce stage reste vraiment inclassable car hors du temps en compagnie d'un homme qui a entièrement dédié sa vie à la recherche.
Quelqu'un d'ailleurs avait demandé à Sensei comment il avait pu acquérir une telle connaissance, certains auraient répondu "j'ai étudié avec untel ou untel". Là, la réponse fut "j'observe tout sans cesse, j'écoute le chant des oiseaux, je ressens le vent…"
Une magnifique image qui restera en nous encore bien longtemps.
Un tout grand merci aux personnes qui ont rendu ce stage possible : à Léo Tamaki, organisateur des Master Class et qui, par amitié, a créé ces belles rencontres, à Issei Tamaki, traducteur et accompagnateur, à Yannick et bien sûr à mon compagnon de chemin, Robert Roman, qui a organisé celà dans son dojo de main de Maître…

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Nunchaku

Publié par Steph le Mercredi 23. juin 2010

Il y a une trentaine d’années, il y avait eu toute une soirée consacrée aux arts martiaux à la télévision ; les meilleurs représentants de chaque discipline étaient sur le plateau pour un débat animé par un journaliste sportif. Parmi les différents experts, Dominique Valera représentait le karaté, et Maître Nocquet l’Aïkido.

Il y avait aussi une femme, experte en nunchaku. À un moment donné cette femme se tourne vers Maître Nocquet et lui demande : « À votre avis, Maître qui est plus efficace ? Le nunchaku ou l’Aïkido ? ».
Un silence régna quelques instant dans la salle, la caméra fit un gros plan sur le visage de Maître Nocquet, toute l’assistance était pendue à ses lèvres…
Maître Nocquet, très calmement lui répondit : « Le nunchaku, Madame, bien sûr. »

La stupeur envahit la salle devant un tel aveu d’un expert en aïkido. C’est alors que le Maître se tourna vers son interlocutrice et lui dit :
« Permettez-moi à mon tour de vous poser une question, Madame. Quand vous allez faire votre marché le samedi matin, avez-vous votre nunchaku avec vous ? »
« Non, bien sûr, je ne l’ai que lorsque je m’entraîne dans mon dojo ! »
« Alors dans ce cas, madame, Aïkido est plus fort que nunchaku ! ».

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Le parc de Chungshan

Publié par Steph le Mardi 22. juin 2010

Une petite vidéo filmée en…1957. Tai Ji matinal dans le Parc de Chungshan.

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