Nostalgie de pratique

En triant les photos du site Flickr du Dojo, je suis tombé sur les premières images archivées et prises encore avec un appareil presque jetable 🙂 mais déjà numérique.
Ils ont bien grandi ou évolué, tous ces petits et autres personnes.
Un petit florilège 2008-2009…nathan

Pour les pratiquants de notre dojo, on ne présente plus Nathan (2008). Il est maintenant 1er kyu et est devenu un pratiquant de haut niveau, une pratique qu’il peaufine dans toute l’Europe. Un de mes fidéles assistants.

charles antoine

Comme Nathan, Charles-Antoine (2008) est également 1er kyu et m’aide grandement lors des cours, en particulier avec les plus petits avec lesquels il a une patience à toute épreuve. Un des fidéles également.

claire

Claire (en 2008) a débuté l’Aikido lorsqu’elle avait 5 ans, elle en a maintenant 9 de plus et est devenue une belle jeune fille en même temps qu’une pratiquante assidue du samedi.

emilie

Emilie (en 2008) est maintenant au cours adultes et a toujours eu cette énergie que l’on peut qualifier d’atomique 🙂

examens

Examens en 2008 avec Pierre-Louis et Cédric, deux excellents élèves qui, hélas, ne sont plus avec nous. Je m’étais blessé à la cheville et était donc en « papy-waza » 🙂

ines

Ines (en 2008) était un des piliers du dojo avec son frère Laurent, elle vit maintenant en France en Ardèche.

maxime

Maxime (2008) a maintenant ma taille et est toujours présent le samedi.

michael

Michael (2008) est lui plus grand que moi, est devenu 2ème kyu et ne rate jamais les cours.

remise

Remise de ceinture avec un peu d’émotions…(2008)

jaff
Stage Jaff Raji en 2009 avec Martin, Charles-Antoine, Nathan et Thomas, toujours là. Il y avait aussi Pierre Manche, Philippe et Olivier.

leo2009

Léo en 2009 avec Matthieu qui l’a découvert là pour la première fois (je pense) et est devenu maintenant un de ses fidèles élèves. Ivan Bel et Philippe juste derrière.

Un peu de nostalgie en voyant ces images, je vais en reposter quelques-une de temps en temps.

Pas vieux, pas jeune..

En voyant cette vidéo d’une dame assez agée pratiquant l’Aïkido…depuis 1958 et y trouvant beaucoup de bonheur, mes pensées se sont envolées vers tous les anciens qui ont compté dans ma petite vie de pratiquant et qui ont aujourd’hui disparu et aussi vers ceux toujours là mais que je ne vois pas et ne respecte peut-être pas assez…  

Bien souvent, les anciens sont laissés un peu à l’abandon sur les étangs verts, les jeunes se moquant gentiment d’eux en oubliant de se souvenir que si ils pratiquent aujourd’hui, c’est grâce à tous nos prédecesseurs qui n’ont peut-être plus toutes leurs qualités physiques d’antan mais qui bénéficient d’une expérience incomparable. N’omettons pas qu’ils ont pu cotoyé les élèves les plus proches du fondateur à une époque ou ceux-ci étaient vraiment dans la fleur de l’âge et encore dans les idées d’O Senseï…
Eh, oui, suivre l’enseignement des Maîtres Murashige, Abe, Tohei, Nakazono, Noro et Tamura fin au début des sixties, ca devait être quelque chose…
Qui dans notre plat pays de tatami ne se souvient pas de la mine toujours souriante de Maître Jean Dedobbeleer (décédé hélas en 2005), toujours accompagné de son épouse de pratiquante Yvette et sillonnant les dojos à plus de 70 ans passés…Je me souviens de ces cours qu’il donnait chaque mois à LLN et que j’ai du suivre pendant 3 ou 4 ans au début des années nonante…de l’aikitaichi des débuts de cours et da la manière dont il décrivait la montée de la main…comme boire une trappiste…(ses cours seront repris par la suite par Pierre Ackermans, lui aussi parti trop tôt)…et aussi de mon inconscience d’un jour l’avoir pris comme Uke à Wégimont lors d’un randori de fin de cours…moi qui n’était que débutant et lui si ancien…Un petit film pour se souvenir, Jean et Bacas Sensei (décédé en 2006) en stage en Hongrie…
  

Et lors des stages de Jean, il y avait une petite dame un peu fluette qui, je l’appris plus tard, avait dépassé la soixantaine…une personne un peu spéciale qui faisait ses courses à l’aide d’un pendule…
Je devais la cotoyer de longues années encore et nous nous voyons toujours aujourd’hui…A plus de 70 ans, Hélène continue l’Aïkido en plus de ses multiples activités telles le Reiki et la géobiologie dont elle est vraiment une experte européenne (voir l’interview : ici).

Il y a bien sûr tous les autres tels Edgard Schelstraete, toujours bon pied bon oeil et maniant le sabre avec dextérité, il est par ailleurs professeur de Iaido et représentant de la fédération européenne.
Et Monsieur Albert Polspoel, qui à près de 85 ans est toujours là, chutant comme au premier jour et dispensant plusieurs cours par semaine…

 
Albert (à droite) avec Pierre, un moins vieux…;o)

Aspirons à devenir comme eux le temps passant et souvenons-nous…du temps qui passe…

 

Trois mots...

Voilà trois mots appris mercredi passé au traditionnel cours de japonais durant le stage de carnaval pour nos juniors. Omata Senseï a par ailleurs réalisé trois superbes calligraphies (quoique elle en dise…) représentant les 2 kanjis servant à désigner ces noms communs; je les destine à la décoration de quelques murs de mon futur espace "aiki"… Ils ont bien circulé dans ma tête car ils représentent, à mes yeux, divers aspects importants de la pratique et que j’ai pu vérifier au cours du stage et lors de examens clôturant celui-ci.

忍耐

Nin tai, c’est la patience, l’endurance, l’effort, attitude que devrait avoir tout budoka et qui devrait stigmatiser le fait d’être patient, ne pas vouloir passer examens après examens, faire l’effort de maîtiser les mouvements pour un jour se rendre compte que ceux-ci ne sont qu’un pont vers quelque chose de plus intérieur. Travailler encore et encore, revoir ses bases tels un pianiste passant ses gammes en revue à chaque jour. S’appliquer avec tenacité sur ce qui pose problème tout en respectant son corps en fonction de son âge. Un parallèle vers l’Aiki de Wolodia dont je me souviens des timides débuts et qui est maintenant sur les rails d’un art en précision, passant brillamment son 3ème Kyu et l’obtention de l’hakama.

希望

Kibou peut être traduit par "espoir", espérer être au niveau des plus anciens pour les débutants, connaître plus et encore plus mais…il faudra passer et repasser par Nin tai car on n’obtient pas grand chose sans effort et travail sur soi, sur le tatami comme dans la vie. C’est également l’état dans lequel on aimerait être; dans la pratique des jeunes, c’est arrivé à travailler comme Pierre-Louis ou Laurent, comme une respiration, comme l’air s’écoulant , les mouvements exécutés sans hésitation aucune…

未来

Mirai est le "futur", le moment où tous ces jeunes auront progressé et peut-être dépassé leur professeur pour voler de leur propres ailes et de leur propre pratique. La relève est là, en veut le travail de Benjamin et Killian, passant leur 4ème kyu avec une concentration et une application étonnantes ainsi que de tous ces jeunes pousses passant les barettes avec sérieux malgré leur jeune âge.

Reconstruction...

Les rencontres que l’on peut faire grâce à notre art sont un des éléments merveilleux de l’Aïkido…Il y a quelques années, je participais à un stage enseignants en France avec Nebi Vural et Claude Pellerin. Nous étions un grand groupe à nous déplacer à cette époque (pour ne plus que nous retrouver à deux au dernier auquel nous étions invités). Lors de ce stage, certains belges se déplaçaient et pratiquaient d’une façon humm disons "originale ;-)" et quasi toujours avec le même partenaire. L’un des anciens nous surnomma, avec son bel accent du sud, les "sénateurs" même ceux qui marchaient bien ;o), je venais de faire connaissance avec Alain Lapierre…ce surnom est resté mais…à lui-même et à chaque fois que nous avons la chance de le croiser, nous ne manquons pas de nous asticoter de ce vocable. Alain est vraiment un ancien pratiquant qui a pas mal bourlingué dans l’hexagone, il est présent à quasi tous les stages de Tamura Senseï et anime lui-même nombre de formations "normales" et moins normales telles que les formations seniors grands débutants (j’en parlerai plus longuement dans un autre post). Sa vie n’a pas toujours été des plus faciles…il y a quelques temps, il avait publié un article dans Seseragi que Léo Tamaki a commenté récemment sur son blog. J’avais gardé ce beau récit dans mes grimoires et je vous le ressort avec l’aimable autorisation de l’auteur qui soit-dit en passant viendra animer un stage au Sakura Dojo très bientôt… Merci, Alain…

1 – Etat des lieux Un homme de 57 ans. Il commence juste à se relever d’une profonde dépression due en partie à une grande fatigue physique cumulée pendant des années, à une grande fatigue psychique due à plusieurs éléments. La mémoire et les capacités d’orientation, de concentration et d’analyse, sont sérieusement affectées au point qu’il est professionnellement invalidé et craint souvent de se perdre ou de perdre ses affaires (cela lui arrived’ailleurs par oubli). Le corps est meurtri des épaules aux mains, du dos aux pieds. Les tendons douloureux et durs, les mollets hypersensibles a la moindre pression au point qu’il doit sans cesse passer de la position seïsa en tailleur et inversement tant les tendons sont douloureux. A deux reprises, il a été sujet à dérobement d’une jambe et chute. Au point que les médecins soupçonnaient un Problème circulatoire ou neurologique. Depuis plusieurs années déjà la fatigue est telle qu’aux cours d’aïkido il doit quelquefois s’arrêter au bout de 1h de pratique. Il réagit très lentement à certaines sollicitations.

 

 
 
 
 
2 – La reprise La mise à l’écart de toute activité professionnelle va permettre de reprendre un vrai contact avec l’Aïkido, notamment par 2 stages de professeurs au cours desquels il découvre la nouvelle préparation de Tamura Senseï (et redécouvre les anciennes). Le fait que Senseï qui est alors âgé de 69 ans continue à travailler sur son corps, à trouver de nouvelles voies pour l’entretenir, le polir encore, lui apparaît comme un exemple à suivre. Il s’efforce d’être au premier rang des pratiquants pendant un certain temps, pour capter le maximum de détails et d’informations. Il participe au maximum de stages avec Senseï : Lesneven, St Mandrier, La Colle sur Loup, etc. Parallèlement à cela, il dispose dans sa famille d’un exemple similaire, avec une personne plus âgée qui, au même âge courait tous les matins une petite heure et le demi-marathon de sa ville. Petit à petit, sa conception de l’Aïkido et de la gestion du corps dans la pratique se modifient. Il y trouve un vrai travail sur soi, une recherche de l’aisance et de relaxation dans l’exécution des techniques. Cela ne modifie pas encore ses appréhensions, ses doutes. Il se donne un but : passer le 2ème dan Aïkikaï pour se mettre en situation d’auto contrôle, impossible dans son état actuel, et reprendre pied par ce biais… Il lui faudra 2 ans avant d’oser.     

 

Gros effort de concentration qui porte ses fruits : il s’était fixé une ligne de maintien de son attitude et de la distance (repères). Malgré une hypoglycémie de taille (probablement liée au stress), l’épreuve ne se passe pas trop mal. Le hasard va l’aider à avancer. Un changement de région l’a conduit dans un département où l’Aïkido est un peu « la belle endormie ». On lui confie la charge d’un club que l’enseignant vient de lâcher. Parallèlement, il accepte la vice-présidence du comité départemental, chargé d’organiser les stages. Il est, cela va l’encourager, le plus gradé du département. Cela lui offre une occasion de plus de réfléchir sur sa pratique : il est surpris par le travail qu’un des cadres lui propose d’effectuer sur son propre corps. L’année suivante, outre la reprise d’un autre club, lâché à la même période que le premier, dans les mêmes conditions, il est projeté président du comité. Il considère que toutes ses responsabilités exigent de lui qu’il améliore son niveau technique. Il installe 24 m2 de tatamis dans son habitation, et tous les matins travaille sur son corps. La même année, il apprend que désormais le délai obligatoire pour déposer un dossier d’obtention du yondan est passé a 8 ans. Il décide alors de travailler chez lui et en stage, la possibilité de passer le yondan. Le travail est plus dur que ce qu’il pensait à plus d’un titre : ses bases techniques sont nettement insuffisantes, et son corps n’est pas du tout prêt. Deux phases très différentes vont permettre d’envisager l’examen.

 

 
 
1°Travail purement orienté vers la technique, (amélioration des déplacements à genoux par exemple), perfectionnement des formes techniques et acquisitions de nouvelles (ou oubliées), documentation, stages. Un travail d’étirement, de relaxation, un travail primaire sur l’attitude. Mais au terme d’une année, visiblement il ne se sent pas prêt. La fatigue est encore au rendez-vous, il est quelquefois obligé de sortir du tatami avant la fin du stage. D’autre part, tout risque d’être mis brutalement en situation sans préparation, le plonge encore dans une angoisse sévère, stress, mal aux genoux et souci (faux) coronarien, viennent arrêter la démarche.
 

 

 

 

 

2°La deuxième année va amener un travail différent en association avec la première démarche. En particulier, accent plus marqué sur l’assouplissement du bassin, des épaules. Sur la libération de l’abdomen pour mieux gérer la respiration ; modification aussi de l’alimentation (suite à l’alerte coronarienne) ; petit à petit, les angoisses disparaissent, et de fait la relaxation, la décontraction s’améliorent, les déplacements à genoux sont plus aisés. Les progrès techniques redonnent aussi confiance. 
 

 

3 – La (petite) lumière C’est beaucoup plus confiant et détaché qu’il se présente au yondan fédéral et l’obtient. Rétrospectivement, il n’est cependant pas satisfait de sa prestation. Un accident l’avant-veille du jour de l’examen l’a obligé à prendre un médicament qui l’a fortement perturbé et il pense que cette prestation peu satisfaisante en est le reflet. Mais… ça fait plaisir quand même !    
 

Qu’importe, il y a tellement de choses à améliorer. Il faut entretenir le corps et la motivation. Cela prouve aussi qu’un travail uniquement orienté sur son corps, sans partenaire, est très porteur (d’où l’importance de Jumbi Dosa). L’année suivante (il a alors 62 ans), il se présente au 3ème dan Aïkikaï, devant Tamura Senseï et l’obtient. Sans juger de la qualité technique, il est content de son passage : étant uké (aïté peut-être !) en première partie, il réussit à gérer son souffle, par l’attitude, le mode respiratoire et la décontraction. La deuxième partie comme tori ne se passe pas mal, il se rend compte cependant qu’en fin d’examen (jo en particulier), il a du mal à varier les techniques. Mais aucun problème de souffle ou de désorientation ne vient le perturber. Ceci prouve que le travail est payant. C’est le message de ce témoignage… L’Aïkido peut-être un formidable outil de restructuration. Il ne faut jamais renoncer. Un lent travail de fourmi permet petit à petit de redresser la barre. On ne pourrait pas redresser la tour de Pise brutalement, mais jour après jour, 1/2 degré par 1/2 degré, lui laisser le temps de retrouver sa base, de la refaire un peu. Qu’elle reprenne confiance en ses pierres devrait permettre de la remettre droite. Le regard des humains le lui permettrait-il ? Ce sera ma conclusion : cela ne dépend que de votre projection dans l’avenir ! "Un pratiquant comme tant d’autres"  

Remastérisation...

De temps en temps, je parcours l’ancien blog du dojo et je me dis que j’en ai écrit des…bêtises en quelques années ;o)). Heureusement, certains articles paraissent avoir une petite valeur que je vais à nouveau confier à vos yeux au fil du temps… il y en a déjà eu un mais l’avez-vous vu?
Certains seront « remastérisés » au goût du moment, à l’évolution dans notre pratique et dans la vie, d’autres paraîtront « bruts ».
Donc deuxième essai : Aller en stage (voir ci dessous)