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Keikogi : tissu social

Keikogi : tissu social

En Aïkido, la tenue portée par tous les pratiquants est certes très fonctionnelle, mais aussi symboliquement importante. En montant sur un tatami, nous reléguons nos vêtements civils au vestiaire pour tous revêtir cette tenue blanche, sans signe distinctif : le keikogi (improprement appelé kimono). Ce geste revêt une importance capitale dans la démarche du pratiquant, et il serait bon de le faire en pleine conscience. En l'accomplissant nous nous débarrassons de notre personnalité pour accéder à notre individualité. Il ne faut pas confondre ces deux mots. Personnalité vient du latin : "persona" qui désigne le masque que portait, dans l'antiquité, les acteurs de théâtre. Notre personnalité est ce "masque social" dont nous nous revêtons pour jouer notre rôle dans la société, mais cette personnalité n'est pas notre moi profond. Alors que l'individualité l'est. Individualité vient du latin "individuum": chose qui ne peut être divisée. Notre individualité nous relie à notre essence profonde d'être humain, et cette essence est la même, quelque soit notre race notre religion ou nos croyances.

 

Sur le tatami, le médecin, le facteur ou le policier ne sont plus différentiables. Ils sont là pour se rencontrer dans leur nature profonde, en tant qu'êtres humains, tous semblables. Plus rien ne les sépare, pas plus leurs convictions religieuses que politiques. Tout cela reste au vestiaire. La personne qui est en face de vous est votre frère, un autre vous-même. C'est la même énergie qui vous maintient en vie, qui agit en vous, qui s'échange entre lui et vous dans la réalisation de la technique. La pratique de l'aïkido est faite pour rapprocher les êtres, pas pour les séparer. Ce qu'on ne peut malheureusement pas dire de la politique ou des religions… Prendre conscience de cette volonté de rencontrer l'autre dans son individualité, c'est œuvrer pour la paix dans le monde et la fraternité entre les humains.

4 réponses

  1. Spiral dit :

    Fiat lux Alea jacta est !
    T.

  2. Steph dit :

    Tu lis aussi les pages roses au milieu du dictionnaire :-)?

  3. Spiral dit :

    Héhé !
    mon latin étant assez pauvre, au collège je ne voyais pas l'intérêt d'apprendre uel angue morte, ne me destinant pas  aux archives, médecine ect.
    j'ai tenté de faire le malin, mais je vois que ton érudition m'oblige à  développer :
    concernant l'article, c'est bien souvent dans les gestes simples du quotidien que l'on décèle l'état d'esprit de quelqu'un, et puis j'aime bien le dépouillement social qu'apporte le port du Keikogi.

  4. Steph dit :

    Hello Tangi,
    Euh, je ne suis pas du tout érudit et mon latin est bien loin, je me souviens juste que la prof était assez jolie :-). Je suis d'accord avec toi sur l'importance des gestes quotidiens, on n'y prête pas assez attention. Déjà, la manière de s'habiller dans les arts martiaux  révèle bien souvent l'esprit de la personne. Mais cet esprit peut aussi évoluer au gré de la vie.
    Belle journée et pt-être à la Master Class Aunkai.
    Steph

     

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