Aller en stage

Aller en stage

Sortir de la zone de confort, c’est aussi accepter de se remettre en question perpétuellement et de pratiquer avec d’autres professeurs et donc de participer aux…stages.14301436155_89e63bb21a_zIl y a un clivage très net entre deux genres de pratiquants d’aïkido. Il y a ceux qui se contentent de suivre l’enseignement qui est donné au sein de leur club, sans jamais s’ouvrir vers l’extérieur en participant à des stages, que ce soient des stages sur un week-end ou des stages d’une semaine, qui ont lieu en général en été. Et puis il y a les autres. Attention, il n’est pas question ici de porter un jugement ou d’incriminer ceux qui ne vont pas en stage, chacun gère sa vie, chacun fait ses choix, et chacun a ses impératifs qui ne regardent que lui. En Aïkido un professeur n’est pas là pour juger, mais seulement pour donner, ce qui en soit est du bonheur pur. Parfois des élèves tiennent le raisonnement suivant : « mon professeur est excellent et me donne tout ce dont j’ai besoin, pourquoi aller en stage ? ». On peut objecter à ces personnes que s’ils ne connaissent que leur professeur, ils n’ont pas de comparaison possible, donc il leur est difficile de savoir si leur professeur est réellement excellent.
La participation à des stages, quelque soit la personne qui le dirige, vous permet de rencontrer d’autres aïkidokas, de confronter des expériences, de partager du vécu, et aussi de vous faire des amis.Cela vous donne le sentiment d’être « relié », de n’être pas isolé et de faire partie de la « famille » de l’Aïkido. C’est une formidable bouffée d’oxygène dans un monde où il est parfois difficile de respirer.

Rencontrer des gens intéressants…

De plus, vous ne pratiquez plus avec les mêmes personnes du Dojo et sortez de vos habitudes, on se fait vite à la pratique de gens cotoyés très souvent au point de connaître exactement les réactions Tori/uke de ses partenaires et par là même anticiper le mouvement.
Un autre avantage des stages est que c’est une occasion donnée de découvrir les personnes qui pratiquent au sein même de votre club. Dans nos cités modernes les vrais dojos n’existent pratiquement plus. On pratique dans des gymnases sans âme, et à la fin des cours chacun prend sa douche et s’en retourne chez lui. Un quart d’heure après le cours la place est déserte (pas tout le temps heureusement). Comment dans ces conditions connaître ceux là même que vous côtoyez chaque semaine sur le tatami ? C’est vrai que le temps est maintenant devenu un luxe ; finie l’époque où à la fin de chaque cours on traversait la rue pour aller boire tous ensemble un pot au bistrot du coin, sauf dans les villes où les gens ne dédaignent pas de « refaire le monde » après le cours.
Bon, il est vrai que dans notre village, les endroits pour cela ne sont pas légion. C’est donc en partant en stage avec quelques pratiquants de votre club que vous allez apprendre à les découvrir, à les aimer, à les apprécier. A mon humble niveau, en tant que professeur, je ne découvre jamais mieux mes élèves que dans les stages que je partage avec eux. Ce qu’il faut savoir aussi c’est que lorsqu’on a goûté à des stages, en général on y prend goût, et c’est la raison pour laquelle on retrouve à chaque fois quasiment les mêmes qui sont partants pour l’aventure. C’est ainsi que se crée un « noyau dur » de pratiquants qui deviennent l’âme et le ciment du club. C’est à partir de ce noyau que s’installe un climat dans le Dojo, que partent les bonnes idées qui animent la vie du club : sorties, restaurants, fêtes, etc…
Un club dans lequel il fait bon vivre, on le doit avant tout aux élèves, pas au professeur. Un des buts de l’Aïkido est de nous ouvrir aux autres, donc à ce titre, la participation aux stages devrait être une évidence si l’on comprend l’essence même de l’Aïkido.

Recherche constante même pour les plus jeunes…

Nous avons la chance, au sein de notre petit pays, de pouvoir bénéficier de l’enseignement de plusieurs professeurs de renom tout au long de l’année, que demandez de plus?
D’autant plus que au delà de l’offre proposée par nos amis du “cercle”, nous pouvons également participer aux stages des autres groupements qui sont aussi de qualité avec des experts tels que Christian Tissier Shihan, Yamada Shihan et d’autres enseignants bien intéressants.
Un élève qui ne va pas en stage me fait penser à un poisson rouge dans un bocal…Un aïkidoka devrait être un poisson libre et heureux qui joue dans les vagues de l’océan…

6 Comments
  • Graf Al
    Posted at 12:32h, 20 mars

    Bonjour

    Bel article, très vrai.
    Mon avis personnel, c’est à l’enseignant (que je suis accessoirement) de transmettre l’idée d’aller voir ailleurs, de sortir de la zone de confort. Si lui même ne fait pas cet effort, forcément il ne peut engager l’idée.

    Alain

  • Steph
    Posted at 13:14h, 20 mars

    Merci Alain. Eh oui, tu as raison, le professeur doit être un peu le “moteur”.
    Bonne pratique 🙂
    Stéphane

  • souheil
    Posted at 16:22h, 20 mars

    Yes

  • Arnaud
    Posted at 16:24h, 20 mars

    Bonjour,

    Toutes mes excuses, mais je trouve cette catégorisation des pratiquants très réductrice. Les gens qui vont en stage ne sont pas forcément très ouverts et ceux qui n’y vont pas très fermés. Déjà car nous ne sommes pas tous égaux devant l’offre de stages (les clubs isolés n’ont pas forcément beaucoup de choix) et la disponibilité ou le budget d’un stage peut stopper nombre de bonnes volontés.

    D’autre part, j’ai connu des pratiquants qui y allaient en stage entre copains pour travailler entre copains, d’autres qui suivaient toujours les mêmes experts ou simplement pour voir une “légende” et récolter un “autographe” ou le tampon qui leur manque pour présenter un examen.

    Une chose est sûre c’est qu’il faut vraiment encourager les élèves à faire des stages, mais pour de bonnes raisons : découvrir d’autres pratiques pour donner forme à la sienne, d’autres formes de travail ou pédagogies qui permettent souvent d’avoir des “déclics”, travailler avec des personnes de différents gabarits pour apprendre à s’adapter, faire des rencontres conviviales, échanger, passer un bon moment…

    Désolé j’ai été bavard 😉
    Arnaud

  • Thierry
    Posted at 11:18h, 21 mars

    Merci Arnaud pour ce juste équilibre. Suivre son chemin n’impose pas des règles ni un regard sur les autres, je retrouve dans ces commentaires les pratiquants d’Aikido qui pensent être délégataires d’un quelconque savoir, c’est triste. Le nouveau mot à la mode “sortir de sa zone de confort” Encore un comportement intellectualisé…. Faites comme les premiers Senseis , testez votre savoir hors du tatami..

  • Luc (Rôshinkan zendo)
    Posted at 17:29h, 21 mars

    Les chemins sont singuliers. Il n’est jamais sot de voyager, pas sot non plus de lire au coin du feu. Et puis il y a des enseignants qui en font venir d’autres sur leurs tatamis… bref, des stages au coin du feu 🙂 Merci Steph!

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