Kono Sensei par quelqu'un

Vu sur un forum d’Aïkido, un petit CR du stage de Bruxelles. Je vous laisse le lire…
Le texte en question se trouve ici :
http://www.aiki-forum.com/index.php?/topic/1558-kono-a-bruxelles-21-juin/

Allez, puisque ça a été demandé, un premier CR que complèteront peut-être ceux qui l’auront vu plus longtemps à Paris ce week-end.
Tenez compte du fait que je ne l’ai vu que deux heures et demi, et que c’était la première fois. Mais des sources bien informées de ce forum m’ont dit que c’était à peu de choses près le même genre de contenu lors de sa dernière venue. Je suppose que le stage parisien plus long aura permis de davantage approfondir.

Photo : Ash herblay

Photo : Ash herblay

Je ne vous fait pas un CR détaillé exercice par exercice, ce serait laborieux. Le texte sera déjà
assez long.  Expédions d’abord le côté people : oui, Kono en jette. Quand, à mon arrivée, je le vois sortir noblement et avec naturel, perché sur ses getas, des (étroites) toilettes du dojo dans sa tenue traditionnelle règlementaire, je me dis que la classe et l’aisance pour un budoka, ce n’est pas donné à tout le monde.
Il n’en est pas pour autant distant ; à preuve sa disponibilité : il prend la peine, pour chaque exercice montré, de passer auprès de chacun pour « faire sentir ». En revanche, s’il est ouvert sur les questions, les réponses sont systématiquement laconiques. Le genre de réponse qui fait se demander si la question n’était pas stupide, tout compte fait (je parle pour moi, en tout cas). Sinon, il proposait plusieurs types d’exercices, puis demandait de choisir et de travailler ce qui nous intéressait le plus. J’ai trouvé ça très sympa.
Le travail à mains nues me laisse partagé.

Photo : Ash herblay

Photo : Ash herblay

Les exercices les plus « dynamiques » (la minorité) m’ont bien intéressé. C’était, disons, des exercices de relâchement, d’écoute de l’autre, avec, par exemple, des jeux de poussée et de relâchement des bras qui n’étaient pas sans évoquer (de loin) le tui shou, et basés sur des formes techniques connues des aikidokas (ikkyo, kokyu-ho ou irimi nage, en tachi waza ou en suwari waza). Le sens de ces exercices était soit celui des kaeshi waza, soit un moyen de se concentrer sur le seika tanden, ou sur la façon de déplacer le bas du corps, lieu de réception et de renvoi de l’énergie du partenaire, soit un travail sur le timing.
Les exercices statiques, très divers, pas toujours d’apparence martiale, servaient à sentir le centre de gravité, à utiliser le poids de son corps pour mobiliser le poids du partenaire ou le déplacer malgré des saisies maximales. Cela permettait aussi de sentir que, lorsqu’on veut changer une situation, on ne doit pas commencer à bouger à partir du point de contact physique (mon interprétation). Egalement, Kono m’a paru insister sur la fonction des bras comme transmetteurs, l’utilisation de tout le corps, etc. Bref, ce qu’on sait tous en aikido, mais qu’on a bien du mal à faire :sarcastique: .

Photo : Ash herblay

Photo : Ash herblay

Au fait, puisque cela a été évoqué dans un autre sujet : le kote gaeshi sur bras raide et poing fermé, ça marche. Ca marche, et c’était même une des choses les plus simples à exécuter parmi ce qu’il a montré. Mais, au fond, ce n’est pas trop intéressant, me semble-t-il.
Bref, le travail statique m’a moins parlé. Mais c’est sans doute subjectif : le travail statique avec saisie bloquée, même s’il sert à approfondir certaines qualités, ne m’excite pas trop. Parmi l’irréalisme d’ensemble souvent reproché aux AM, ce travail est sans doute le plus irréaliste. Il faut en faire, donc (et j’en fais), sans que ce doive être une pierre de touche, à mon avis.

Photo : Ash herblay

Photo : Ash herblay

Sinon, en l’occurrence, le travail de Kono, indiscutablement de haut niveau, ne m’a pas paru, sur ce point, sensiblement différent de choses vues ailleurs. Ce n’est pas une critique (l’originalité n’a pas d’importance), mais disons que je m’attendais, peut-être bêtement, à plus d’inédit. A noter qu’il semble avoir eu quelques difficultés avec certaines personnes (pour ce que j’ai vu, avec de robustes pratiquants de yoseikan budo).
Reste que, à cette occasion, Kono a mis en lumière un détail technique que je n’avais jamais vu ailleurs et qui m’a étonné par son efficacité. Disons que ça se situe vers les doigts :cool: . Ceux qui ont l’habitude de Kono doivent bien voir ce dont il s’agit.

Photo : Ash herblay

Photo : Ash herblay

Pour finir, ce qui m’a vraiment fasciné, c’est son travail aux armes. Ou, plus exactement, sa façon de bouger avec une arme (transposable à mains nues, bien sûr).
Et là, mon CR touche à sa fin, car je ne comprends pas assez bien ce qu’il fait.
On a fait assez peu d’armes comparé au travail à mains nues.
Ses explications étaient limpides, mais son exécution était telle qu’il était quasi impossible de voir ce qu’il faisait à vitesse réelle. Il y a dans ses déplacements (avec le fameux principe du corps flottant) quelque chose d’exceptionnel qui dépasse de très loin mes compétences. Il a aussi montré au passage (!) quelques passes de naginata contre bokken qui laissaient songeurs et donnaient envie de plus.

Photo : Ash herblay

Photo : Ash herblay

Rappel, par ailleurs, de la saisie différente qu’il dit avoir adoptée depuis cinq ans, après l’avoir identifiée au fil de ses recherches sur de vieilles estampes : les deux mains jointes contre la tsuba plutôt qu’écartées, ce qui oblige davantage à bouger avec tout son corps pour couper au lieu de mouliner avec les bras.

Bref, je vais être injuste, mais si je n’avais pu travailler que là-dessus pendant toute la soirée, là je crois que j’aurais été aux anges !
En tout cas, en effet, il est intéressant d’avoir vu au moins une fois ce personnage.
Voilà.

Kono Sensei, un chercheur inlassable

Vendredi 21 juin, un dojo perdu dans Bruxelles accueille un maître venu d’un autre temps, d’une autre époque, Kono Yoshinori Sensei. Pour certains, c’est une première, pour d’autres une redécouverte ou une avancée. Pour ma petite part, certainement le meilleur stage en sa compagnie sur les trois ou quatre déjà effectués.
Je n’ai d’ailleurs pas eu le temps de me poser beaucoup de questions puisque me voilà pris comme uke dans le premier mouvement et d’être emporté dans des sensations bizarres. Oui, je pense que cette personne n’est pas humaine et pourtant…


La lumière du budo…


Repousser le bras pour passer à une contre technique de type judo


Explication quant au Kote Gaeshi. Il faut faire un avec le partenaire.

Que se passe-il avec les kens?

La position des mains dans les écoles anciennes, pas d’espace entre celles-ci.

Exercice subjuguant, le sabre est d’un côté et passe de l’autre. L’impression est telle que l’on pense à la traversée de l’arme de l’uke, pourtant il y a bien un geste « mécanique » vraiment indécelable.

Même travail mais avec un katana. A noter, l’effet sur Matthieu…

Naginata vs bokken

Arriver à se dégager de cette zone de frappe par un flottement et un relâchement total.

Croquis et dessins anciens sur les « méthodes » samourai

Kono Sensei expliquant les croquis

Maniement et historique du katana

Comment soulever une personne avec l’application du principe « Tora Hishigi » ( la patte du tigre…). Un élément omniprésent dans le travail de Kono Sensei.

Applications techniques : sankyo

Et Nikkyo

Comment descendre le bras en appliquant les préceptes de Sensei

Ce qu’il se passe dans le corps lors de tel ou tel mouvement

Même au restaurant, la recherche et les explications perdurent
Bon, c’était un reportage un peu « roman photo » cette fois 🙂
Merci à tous pour ce merveilleux stage…
D’autres photos sont visibles
sur notre galerie FlickR

Kono Sensei à Bruxelles : vidéo part 1

Dans le compte-rendu difficile à rendre sur la Master Class de Kono Sensei à Bruxelles, je parlais de la fameuse « patte du tigre ». Léo Tamaki a ajouté une précision à la dénomination en Japonais, cette position se nomme « Tora Hishigi« . Je ne pensais pas qu’une position de doigts pouvait changer la pratique à ce point, j’ai depuis un peu essayé lors de mes petits cours, pas mal comme sensation, on ressent clairement un travail différent. Je me suis, par ailleurs rendu compte, que l’on faisait souvent ce type de geste machinalement, comme pour « gagner en force ». Dans cette vidéo, Kono Sensei applique « Tora Hishigi » à une saisie Ushiro Ryote Dori.


Uke : Robert Roman. A l’arrière : Andrea Pluhar et Albert Poncelet

Kono Sensei, la recherche permanente

Kono Yoshinori Sensei était en Belgique la semaine passée pour deux soirées coincées entre plusieurs pays. Deux soirs vraiment intenses organisés avec mon ami Robert sous la houlette de Léo Tamaki et même si la foule n’était pas celles des grands soirs, ce fut plus qu’intéressant pour les participants.

Contrairement à sa première visite, Kono Sensei nous a beaucoup fait travailler et ce dès l’entame, sans échauffement quelconque.
Kono Sensei est un chercheur permanent, ce qu’il montre un jour va évoluer à sa prochaine visite car il réfléchit sans cesse à la meilleure façon de réaliser le geste.

Il nous a d’ailleurs dit assez souvent qu’il avait changé sa manière de faire depuis juin 2010. Il est dificile de décrire ses mouvements car parfois cela paraît simple mais s’avère bien complexe.

Néanmoins, je vais tenter de partager divers éléments :
La patte du tigre :
Je pense que c’était l’élément qu’il voulait vraiment nous faire passer, nous l’avons d’ailleurs travaillé sans relâche les deux soirs. Cela a certainement un autre nom en japonais mais c’est ce que la traduction donnait (aussi la suprise du tigre). Ici, il s’agit d’un travail des doigts et de la main, un peu comme on le voit dans certains arts chinois ou dans le Kabuki. Ces positions augmentent grandement la stabilité et la « résistance » à toute force, par exemple dans les attaques « ushiro » ou « morote dori ».

Vraiment perturbant à appliquer et cela fonctionne, on ne sait pas trop comment. Les positions de doigts varient suivant le geste et la saisie, exemple : doigts en éventails, doigts en patte de canard. On peut aussi utiliser tous les doigts sans le pouce comme par exemple dans le jeu de contrebasse ou pour prendre des verres…

Flottement :
Le flottement est un des autres éléments primordiaux abordés. Je n’ai toujours pas compris comment Sensei arrivait à un tel état de relâchement. 

 

Travail aux armes :
Sensei a démontré, comme à son habitude, le travail au katana. Tellement précis et rapide que les yeux ne peuvent suivre le geste, je me disais « fixe un point du sabre et tu verras bien quelque chose » mais je n’ai rien vu, il était d’un côté du jo et puis de l’autre côté de façon inexplicable à mes yeux. Nous avons travaillé le bokken en application sur le « flottement « et également sur un exercice de « rengainé ».

Je l’avais déjà écrit, Kono Sensei excelle dans toutes les armes, il nous en a encore fait la démonstration avec la naginata et le jo dans un maniement différent de ce que nous avons l’habitude de faire.

J’avais déjà entendu parler et lu sur la capacité du lancer de Shuriken de Kono Sensei mais lorsqu’il s’est exécuté, à la demande d’un des stagiaires, ce fut un grand moment, une précision millimétrique dans le lancer. Plus tard, au restaurant, il nous sortira de sa veste quelques exemplaires de cette arme pas très commune. 

En dehors du tatami :
Evidemment, se promener avec Kono Sensei est une aventure singulière car sa tenue ne passe vraiment pas inaperçue. Il s’intéresse vraiment à tout et de nous faire visiter quelques magazins comme une coutellerie (étonnant…), un magazin de décoration dans lequel le vendeur n’en croyait pas ses yeux et Kono Sensei de lui expliquer qu’il porte un Kimono de…70 ans cousu à la main millimère par millimètre avec une petite aiguille et que plus personne ne peut réaliser cela à l’heure actuelle.
Comme sa pratique, en fait, plus personne ne pratique plus comme cela, le budo véritable…

Kono Sensei, le Budo vivant

Comme l’écrivait Léo sur son blog, la rencontre avec Kono Sensei est quelque chose d’indéfinissable, une plongée dans le passé face à un samourai…
Arrivé mercredi après-midi Place De Brouckère pour accueillir nos invités, je distingue Issei, Yannick, un japonais (le fils de Sensei) et quelqu’un sorti tout droit d’une estampe ancienne, vêtu d’un magnifique kimono, d’un hakama, de tabis et de…getas qui doivent faire au moins 10 cm de haut, je viens de rencontrer Kono Sensei.

Terrasses bruxelloises…

Différence d’habits, Grand Place…

Nous voilà partis pour un petit repas et une visite touristique de la Grand Place où il est clair que notre équipage ne passe pas inaperçu. Kono Sensei n’est pas quelqu’un de très disert ne parlant qu’à bon escient et s’intéressant à tout, que ce soit aux grues de chantier, aux boulons des planches des bâtiments anciens ou aux antiquités bruxelloises du musée de la ville de Bruxelles. Après cet intermède et quelques photos prises en studio, nous mettons le cap vers l’ACEPO où une salle comble attend ce professeur vraiment pas comme les autres. Comme lors du stage d’Akuzawa Sensei, peu de techniques mais surtout des éducatifs et des façons de faire que nous pourrons inclure dans notre pratique, on verra d’ailleurs des similitudes avec l’Aunkai dans divers mouvements.

Un cours particulier à suivre, pas d’échauffement et Sensei de démontrer plusieurs manières de placer les mains avant de nous laisser faire entre nous sous ses corrections ou celle de son fils. Les mouvements se suivent tous différents les uns des autres.
Sensei est une  véritable encyclopédie, le Budo vivant…maniant aussi bien le katana, la naginata, le jo ou la lance…Il démontre sans cesse en répondant à nos questions à sa manière, il y réfléchit et puis part dans le geste tel un virtuose.
Et parfois, ces questions sortent du concept martial comme cette dame, chanteuse et pratiquante de…tir à l’arc occidental qui fut bien éclairée sur ses interrogations ou ce praticien de Shiatsu qui se demandait comment mettre de la puissance sans force…

Robert, Issei, Sensei, Stéphane

Depuis, ces moments me trottent dans la tête, un peu comme un rêve qui ne finit pas et je ne suis pas le seul à avoir ce sentiment d’après les paroles et écrits reçus ou vus depuis ce mercredi.
Ce stage reste vraiment inclassable car hors du temps en compagnie d’un homme qui a entièrement dédié sa vie à la recherche.
Quelqu’un d’ailleurs avait demandé à Sensei comment il avait pu acquérir une telle connaissance, certains auraient répondu « j’ai étudié avec untel ou untel ». Là, la réponse fut « j’observe tout sans cesse, j’écoute le chant des oiseaux, je ressens le vent… »
Une magnifique image qui restera en nous encore bien longtemps.
Un tout grand merci aux personnes qui ont rendu ce stage possible : à Léo Tamaki, organisateur des Master Class et qui, par amitié, a créé ces belles rencontres, à Issei Tamaki, traducteur et accompagnateur, à Yannick et bien sûr à mon compagnon de chemin, Robert Roman, qui a organisé celà dans son dojo de main de Maître…